Parent du 3ème type

Publié le par Val

Si il y avait une chose dont j'étais sûre, il y a encore deux ans, c'est que je ne voulais pas d'enfant.
Comment vous expliquer? (j'ai dit expliquer, pas justifier...) Pas d'appel du ventre, pas d'envie de materner, très sceptique sur l'homoparentalité, pas très optimiste sur l'avenir de l'humanité, bref vous voyez le topo : la fille qui veut bien jouer 1h avec vos gosses mais qui ne partira pas en vacances avec.
Et puis paf! Voilà l'Emmerdeuse parachutée dans mon existence peinarde, avec armes et bagages. Et qu'est-ce qu'il y avait dans les bagages? Un gros chat asmathique confit dans sa graisse, ok, un lourd passé et un arbre généalogique aux branches tarabiscotées, toujours ok, mais surtout?
Un troll de 2 ans et demi. Une mini-emmerdeuse. Un p'tit bout de femme même pas encore sortie de ses couches, et encore moins du domicile familial. Un p'tit machin rose et geignard, presque plus torturé que sa mère (presque), redoutant la nuit comme le Schtroumpf peureux redoute Gargamel, vouant un culte à sa grand-mère à rendre jaloux Gilbert Bourdin, en un mot un grand bébé pas franchement d'équerre, à fleur de peau et comprenant tout très vite, trop vite pour une si petite tête.

Voilà le package qui m'a été livré. J'ai rien jeté, j'ai tout pris. Il y a des lots qui ne ressemblent plus à rien si on les divise, qui perdent toute leur raison d'être. L'Emmerdeuse et sa smala sont de ceux-là.
Moi qui ne voulais pas d'enfant, on m'en a livré un tout fait, tout fini.
Du jour au lendemain j'étais parent.
2 ans après, j'ai eu le temps de digérer la nouvelle et de rentrer dans mon rôle, heureusement pour moi
(et pour le globule) ! Ma mère s'est glissée dans son rôle de grand-mère avec une facilité déconcertante et mon père joue les blasés, mais on voit bien qu'il est tout ému quand le globule pleure parce que Papi s'en va...

Mais qu'est-ce que je suis exactement?
Pas une mère, ça c'est clair. On en a qu'une, voilà au moins une chose qui ne changera jamais (même si ma mère m'a lâché l'autre jour en rigolant un "mèreS indigneS!" au téléphone que je n'ai pas rectifié, comprenant quelle joie c'est pour elle d'avoir enfin un petit enfant, même si le lien est invisible).
Un père de substitution? Non plus. Même si c'est moi qui joue le méchant flic et qui distribue les fessées quand il faut (ou quand je craque, et j'espère que ça revient au même...), même si c'est moi qui vais à la fête de l'école et qui vais la chercher à la sortie de la classe de temps à autre. Je  dois alors remplir un cahier dans lequel je sui censée indiquer le lien de parenté qui m'unit au globule.
Je laisse la case vierge, parce qu'il n'y a rien dans le dico pour décrire ma place. J'ai bien quelques idées qui traversent mon esprit tordu quand je remplis le tableau : "celle qui couche avec sa mère", "si j'avais des couilles on dirait que je suis son père", "avant je m'appellais Robert" et autres conneries.
Mais comme je n'ai pas de couilles justement, je n'écris rien.

Disons que je suis son deuxième parent. C'est toujours mieux que rien, mais ça n'est pas facile pour elle, et ça le sera encore moins dans les années à venir. Les gosses sont déjà mal dans leur peau dans le schéma dit "classique" alors...difficile de jouer les passe-murailles boutonneux quand on a une Val à la maison (peut-être qu'elle m'enfermera dans un placard les jours d'anniversaire...)
Je prends une place que je n'ai pas choisi mais j'ai conscience de mes responsabilités et je ferai ce que je peux pour l'aider à pousser.
N'empêche, je ne serai jamais un parent comme les autres.
Et pour cause.
Ce n'est pas un regret, juste un constat.
On sera peut-être choqué de lire ce qui suit, mais c'est la stricte vérité : j'ai des réflexes de parent quand je joue mon rôle, mais il s'agit bien pour moi d'un rôle : si je ne vois pas le globule pendant 2 semaines il ne me manque pas, quand je suis au travail je n'y pense pas, même si elle est partie à l'école avec un rhume, je ne m'angoisse pas sur son avenir parce que c'est sa vie, pas le prolongement de la mienne, etc. Il me manque cet énorme petit quelquechose qui fait que l'on considère un enfant comme la chair de sa chair, comme la chose la plus précieuse au monde.
Je vous rassure, 99% du temps je vis les choses sans m'en rendre compte et j'apprécie de participer à l'éducation d'une adulte en devenir qui aura bien des choses à dire et à montrer, le moment venu. Sacré potentiel, moi j'vous le dis.
Simplement, à une époque où il est de bon ton de trouver formidaaaaable l'homoparentalité, j'avais juste envie d'apporter mon petit éclairage, histoire de rappeler que, jusqu'à preuve du contraire on n'habite pas le pays des jouets et que Oui-Oui n'est pas notre voisin. Assumer sa vie, c'est bien. Demander à un gamin d'assumer une vie différente, c'est une putain de responsabilité, pas une théorie dans un bouquin de Françoise Dolto.
Parce qu'il y a quand même 1% du temps où j'ai envie de me casser loin, où j'en ai ma claque des nuits pourries, des crises des larmes pour un oui ou pour un rien, de ne pas pouvoir aller quelquepart quand ça me pète (même si belle-maman nous aide bien sur ce coup-là), des dimanches matins (1 sur 2) où je voudrais étrangler l'Autre, celle qui était à ma place quand le Globule est né et qui n'a jamais levé le petit doigt, sauf pour brandir son trophée à la face du monde.

Mais rassure-toi ma Douce, et rassure-toi Globule, si tu lis un jour ces lignes (à la vitesse où tu progresses ça ne devrait pas tarder), je suis une personne adulte et responsable maintenant.

Ben oui, j'suis parent.
Et je vous aime.



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Publié dans la chambre d'enfant

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D
Ma tante a 6 enfants si si je te promets 6. Quand je lui ai demandé s'il y a une bonne raison de faire des enfants et quelle était elle, elle m'a répondu avec la sagesse de maitre Yoda qui serait plus dis dyslexique : "Eh ben il y en pas en fait et si tu en trouve une elle sera pas bonne . On ne fait pas des enfants pour quelque chose, on fait des enfants parce que !" <br /> Toi tu l'as pas faite mais elle faisait partie du pack et elle t'es tombé sur le coin de la gueule comme e reste ...
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D
Non, pour l'instant, je tiens !!! <br /> Je ne suis pas aussi inhumain que tu le penses ... non mais !
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D
Tu sais Val, la chose arrive aussi aux hommes, hétéros, sans enfant, quand ils se mettent avec une femme deja pourvue de ce genre d'accessoires... moi, quand on me traite de "beau-pere" j'aime moyen moyen ... et je ne te vois pas en "belle-mere"... mais "mon beau-pere", ca vient apres "le copain de maman" en général
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V
<br /> Et c'est à ce moment-là que tu te barres en courant et que le gosse te désigne sous le charmant sobriquet de "le salaud qu'a fait pleuré maman". Ah ben bravo!<br /> <br /> <br />
C
Je suis toute zémue.<br /> <br /> Difficile d'avoir un avis éclairé à une heure aussi matinale, nocturne... Je ne sais plus. Et après une soirée un peu trop arrosée<br /> <br /> En tout cas c'est une question qui me trotte dans la tête. J'vais y réfléchir plus amplement. La nuit porte conseil paraît-il !
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V
<br /> A toi aussi la nuit a porté conseil?<br /> (P'tain, mon blog endort les gens, faut que je fasse gaffe.<br />  Note pour plus tard : penser à mettre des filles à poil en fond d'écran)<br /> <br /> <br />
E
Oui, je sais que j'ai le droit de douter! J'vais m'gêner!! Et le tabou n'est pas pour moi, mais j'ai parfois l'impression que c'est dans l'air du temps d'aller dans un même sens à ce sujet et qu'on ne peut plus le remettre en cause.<br /> Mais attention, je ne prends pas position : je me pose juste des questions, beaucoup étant valable tout autant pour les "hétéros" quant à la tendance "un enfant à tout prix par tous les moyens".<br /> <br /> D'accord, j'vais me coucher.
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V
<br /> La nuit a porté conseil?<br /> <br /> <br />