Un café, l'addition
Si Carson Mc Cullers avait mis autant de temps que moi à pondre ses nouvelles, nous n'aurions jamais eu le plaisir de découvrir La ballade du café triste, et ça, ç'aurait vraiment été dommage.

Un petit mot sur l'auteur d'abord : une petite fille qui s'est appellée Carson parce que sa mère voulait un fils, et l'aurait appelé Caruso, comme le ténor...
Une jeune fille prodige de piano que la maladie empêchera de faire carrière (à son plus grand soulagement), puis une jeune femme affranchie qui épousera 2 fois le même homme, et enfin une femme accomplie que la mort soufflera telle une bougie à 50 ans...
Il n'ya donc pas une Carson Mac cullers mais des Carson. A chaque étape de sa vie elle produira quelquechose de neuf, de fort, de beau, en musique ou en mots. De triste et de désespéré, aussi.
La ballade du café triste est un recueil de nouvelles écrit en 1943, alors que Reeves Mc Cullers, son ex-mari avec qui elle a gardé des liens très forts, est mobilisé et sur le point de partir au front. Terrorisée à l'idée qu'il lui arrive malheur, elle écrit pour penser à autre chose, pour ne pas devenir folle.
La nouvelle qui donne son titre au recueil occupe la moitié du livre, et en donne le ton. On y parle de solitude, d'amour sans retour, de recherche éperdue de l'autre, qui toujours vous échappe. Le décor est planté dans les années 30, dans un de ces villages poussiéreux oubliés de tous que décrit si bien Steinbeck. Mais là où ce dernier s'attarde avec bienveillance et tendresse sur le sort des plus faibles, Carson Mac Cullers décrit la classe moyenne, celle qui flirte avec la misère mais s'en éloigne à coup de magouilles et d'alambics, le petit monde des gens sans scrupules.
Le café triste est celui de miss Amelia, une femme crainte et admirée de tous, mariée pendant 10 jours il y a de cela fort longtemps à un homme éperdu d'amour pour elle mais qui a mal tourné, par sa faute.
Amelia recueille un jour un nain bossu et en tombe amoureuse. Mais le nain la délaisse et n'a d'yeux que pour l'ex-mari, revenu en ville à sa sortie du pénitencier, bien décidé à se venger...
Les autres nouvelles, très différentes tant pas leur contenu que par leur longueur, ont en commun cette ambiance délicatement désespérée qui fait la patte de Mc Cullers. L'auteur est convaincue, ici comme dans le reste de son oeuvre, que l'être humain est condamné à la solitude, quand bien même il vivrait, heureux, parmi ses semblables.
Son livre le plus célèbre ne s'appelle-t-il pas le coeur est un chasseur solitaire?
Je vous recommande chaudement cet auteur (je ne féminise pas volontairement, je trouve que "cette auteure" est aussi laid que "écrivaine"), à l'écriture délicate mais tellement clairvoyante. Comme tous les être sensibles à l'excès elle a souffert plus que son dû mais a trouvé la force d'essayer de surmonter les épreuves en se plongeant dans l'écriture, avec succès.

Un petit mot sur l'auteur d'abord : une petite fille qui s'est appellée Carson parce que sa mère voulait un fils, et l'aurait appelé Caruso, comme le ténor...
Il n'ya donc pas une Carson Mac cullers mais des Carson. A chaque étape de sa vie elle produira quelquechose de neuf, de fort, de beau, en musique ou en mots. De triste et de désespéré, aussi.
La ballade du café triste est un recueil de nouvelles écrit en 1943, alors que Reeves Mc Cullers, son ex-mari avec qui elle a gardé des liens très forts, est mobilisé et sur le point de partir au front. Terrorisée à l'idée qu'il lui arrive malheur, elle écrit pour penser à autre chose, pour ne pas devenir folle.
La nouvelle qui donne son titre au recueil occupe la moitié du livre, et en donne le ton. On y parle de solitude, d'amour sans retour, de recherche éperdue de l'autre, qui toujours vous échappe. Le décor est planté dans les années 30, dans un de ces villages poussiéreux oubliés de tous que décrit si bien Steinbeck. Mais là où ce dernier s'attarde avec bienveillance et tendresse sur le sort des plus faibles, Carson Mac Cullers décrit la classe moyenne, celle qui flirte avec la misère mais s'en éloigne à coup de magouilles et d'alambics, le petit monde des gens sans scrupules.
Le café triste est celui de miss Amelia, une femme crainte et admirée de tous, mariée pendant 10 jours il y a de cela fort longtemps à un homme éperdu d'amour pour elle mais qui a mal tourné, par sa faute.
Amelia recueille un jour un nain bossu et en tombe amoureuse. Mais le nain la délaisse et n'a d'yeux que pour l'ex-mari, revenu en ville à sa sortie du pénitencier, bien décidé à se venger...
Les autres nouvelles, très différentes tant pas leur contenu que par leur longueur, ont en commun cette ambiance délicatement désespérée qui fait la patte de Mc Cullers. L'auteur est convaincue, ici comme dans le reste de son oeuvre, que l'être humain est condamné à la solitude, quand bien même il vivrait, heureux, parmi ses semblables.
Son livre le plus célèbre ne s'appelle-t-il pas le coeur est un chasseur solitaire?
Je vous recommande chaudement cet auteur (je ne féminise pas volontairement, je trouve que "cette auteure" est aussi laid que "écrivaine"), à l'écriture délicate mais tellement clairvoyante. Comme tous les être sensibles à l'excès elle a souffert plus que son dû mais a trouvé la force d'essayer de surmonter les épreuves en se plongeant dans l'écriture, avec succès.
Publicité