Toi, Charlotte Simmons
Si 1007 pages de lecture ne vous effraient pas (version poche), je ne saurais trop vous recommander "Moi, Charlotte Simmons" de l'américain Tom Wolfe.
L'histoire toute simple de la première année dans une Université prestigieuse d'une jeune fille pauvre mais ultra-brillante tout droit débarquée de ses montagnes de Caroline du nord (Sparta, 900 habitants) et dont les illusions sur le monde universitaire vont tomber plus vite que les strings de ses petites camarades de promo après 3 verres.
C'est un roman d'apprentissage, cruel comme il se doit, mais dont l'héroïne ne sort pas plus forte après avoir surmonté maintes et maintes épreuves (humiliations, dépucelage "en force", perte de confiance, etc.) : Pas de happy end dans ce bouquin, et c'est tant mieux. Pas vraiment de bons et de méchants, plutôt une accumulation de déboussolés qui tentent chacun à leur façon de traverser sans trop de casse les 4 ans qui les séparent de "la vraie vie".

On a le sentiment d'accompagner Charlotte dans sa découverte d'un monde entièrement nouveau, codé et rempli de faux-semblants, mais surtout dans la découverte de sa propre personnalité, comme un ami intime qui se tiendrait silencieux à ses côtés. Et si elle n'était pas la jeune fille irréprochable qu'elle croyait être? Si ses grands principes et sa morale inflexible ne reposaient que sur du sable, serait-elle encore Elle, Charlotte Simmons? Et si elle ne valait guère mieux que ces pétasses friquées errant comme des spectres sur les pelouses du campus, à la recherche permanente du plaisir immédiat, incapables de s'intéresser à autre chose car leur nombril et aux 40 kgs de barbaque sans une once de graisse qui l'entourent?
Pas facile d'encaisser une telle claque quand on vient d'un trou perdu où tant de gens ont placé leur confiance en vous, à commencer par votre famille. Un endroit protégé où les grosses bagnoles et les portables n'ont pas encore remplacé l'éducation et les principes.
Tom Wolfe a réussi le tour de force de se fondre parfaitement dans le décor du milieu universitaire américain d'aujourd'hui, afin de nous en faire sentir les faiblesses et les failles, bien cachées sous une couche de vernis
pas si épaisse que cela. Belle prouesse dans un pays qui ne jure que par le culte de la performance et de l'individualisme.
Quand on pense que le bonhomme est septuagénaire, on ne peut qu'être admiratif devant sa maîtrise des moeurs estudiantines et en particulier du langage propre à ce milieu : Dans ce monde parallèle qu'il nous décrit si bien la grammaire et la syntaxe ont foutu le camp. "Fuck" (et tous ses dérivés) et "genre" ont remplacé le point et la virgule et il sait les manier avec virtuosité! Il faut dire que le dandy aux éternels costumes blancs (et chapeaux assortis) a arpenté pendant 5 ans les campus pour réunir les matériaux nécessaire à l'élaboration de son livre, alors difficile de le prendre en défaut...
Bonne lecture aux étudiants d'aujourd'hui, aux anciens et à ceux qui auraient voulu l'être (ils auront moins de regret après avoir refermé le livre...).
L'histoire toute simple de la première année dans une Université prestigieuse d'une jeune fille pauvre mais ultra-brillante tout droit débarquée de ses montagnes de Caroline du nord (Sparta, 900 habitants) et dont les illusions sur le monde universitaire vont tomber plus vite que les strings de ses petites camarades de promo après 3 verres.C'est un roman d'apprentissage, cruel comme il se doit, mais dont l'héroïne ne sort pas plus forte après avoir surmonté maintes et maintes épreuves (humiliations, dépucelage "en force", perte de confiance, etc.) : Pas de happy end dans ce bouquin, et c'est tant mieux. Pas vraiment de bons et de méchants, plutôt une accumulation de déboussolés qui tentent chacun à leur façon de traverser sans trop de casse les 4 ans qui les séparent de "la vraie vie".

On a le sentiment d'accompagner Charlotte dans sa découverte d'un monde entièrement nouveau, codé et rempli de faux-semblants, mais surtout dans la découverte de sa propre personnalité, comme un ami intime qui se tiendrait silencieux à ses côtés. Et si elle n'était pas la jeune fille irréprochable qu'elle croyait être? Si ses grands principes et sa morale inflexible ne reposaient que sur du sable, serait-elle encore Elle, Charlotte Simmons? Et si elle ne valait guère mieux que ces pétasses friquées errant comme des spectres sur les pelouses du campus, à la recherche permanente du plaisir immédiat, incapables de s'intéresser à autre chose car leur nombril et aux 40 kgs de barbaque sans une once de graisse qui l'entourent?
Pas facile d'encaisser une telle claque quand on vient d'un trou perdu où tant de gens ont placé leur confiance en vous, à commencer par votre famille. Un endroit protégé où les grosses bagnoles et les portables n'ont pas encore remplacé l'éducation et les principes.
Tom Wolfe a réussi le tour de force de se fondre parfaitement dans le décor du milieu universitaire américain d'aujourd'hui, afin de nous en faire sentir les faiblesses et les failles, bien cachées sous une couche de vernis
pas si épaisse que cela. Belle prouesse dans un pays qui ne jure que par le culte de la performance et de l'individualisme.Quand on pense que le bonhomme est septuagénaire, on ne peut qu'être admiratif devant sa maîtrise des moeurs estudiantines et en particulier du langage propre à ce milieu : Dans ce monde parallèle qu'il nous décrit si bien la grammaire et la syntaxe ont foutu le camp. "Fuck" (et tous ses dérivés) et "genre" ont remplacé le point et la virgule et il sait les manier avec virtuosité! Il faut dire que le dandy aux éternels costumes blancs (et chapeaux assortis) a arpenté pendant 5 ans les campus pour réunir les matériaux nécessaire à l'élaboration de son livre, alors difficile de le prendre en défaut...
Bonne lecture aux étudiants d'aujourd'hui, aux anciens et à ceux qui auraient voulu l'être (ils auront moins de regret après avoir refermé le livre...).
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