La course aux sacs
Bon ben voilà.
Il faut s'y résoudre. Etre courageuses. Rester dignes et fières sous les quolibets.
En un mot il faut A-SSU-MER.
Assumer quoi? Une coiffure ratée? Une addiction au camembert? de chausser du 41?
Non malheureux, quelquechose de beaucoup plus grave.
Nous nous boboïsons plus vite que la lumière.
Hier nous avons atteint le point de non-retour, l'étape ultime d'une transformation irréverscible : nous sommes allées faire nos courses à MONOPRIX et pas à Carrefour.
Et pas pour une tranche de jambon blanc et un paquet de biscottes, hein. Non, le gros plein des familles, celui qui vous plombe le budget de la quinzaine et vous donne des sueurs froides au passage en caisse.
Le problème d'habiter une ville de pauvres (dois-je rappeler que Montreuil, avec ses 100000 habitants, est la plus grande ville de Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France. Même la Creuse fait mieux, vous imaginez l'étendue du désastre!) c'est que vous êtes riches à l'insu de votre plein gré, pour peu que vous ayez deux salaires pour faire bouillir la marmite et aucune dette chez Médiatis, le nain en gazon qui rigole à chaque fois que vous creusez un peu plus votre tombe bancaire). Du coup vous adoptez un comportement de riches et vous faîtes les difficiles.
Si vous avez le mauvais goût de penser qu'un survêt n'est pas la tenue idéale de drague (surtout pour une fille) et si vous ne communiquez pas par invectives et borborygmes, alors vous vous lassez très vite des centres commerciaux à trois étages qui vous environnent. Ce décalage permanent avec le reste de la clientèle est une source permanente de contrariété. Par exemple, si pour vous faire les courses le samedi est une corvée, un sacerdoce, un chemin de croix commercial, sachez que pour la plupart de vos voisins c'est un PLAISIR. C'est LA sortie du week-end. Les mecs sortent leur plus beau costard survêt et les filles se maquillent tellement qu'on croirait que L'Oréal fait des tests d'allergie sur échantillon humain en partenariat avec Pimkie et Scoregame. Alors que vous, vous profitez justement du week-end pour ne PAS vous maquiller.
Bref, tout ça pour vous dire que le Carrefour de Rosny2, on en a fait une overdose. Certes, on a tenté celui de la porte de Montreuil, mais là c'est encore pire : le parking est imbitable et personne ne respecte le sens de circulation. Il faut dire que le code de la route dans le 93 n'est pas celui du reste de l'hexagone. Par exemple sur l'autoroute la bande d'arrêt d'urgence est une voie à part entière. Je vous dis ça pour que vous ne vous fassiez pas emboutir par l'arrière sur l'A3 si vous avez un jour le malheur de crever une roue. Roulez sur la jante jusqu'à la prochaine sortie, vous augmenterez vos chances de survie.). Les rayons y sont tellement glauques que l'éclairage doit être copié sur le CARREFOUR de Bucarest.
Alors voilà, hier on a craqué, on a trouvé le prétexte débile de la plus grande proximité géographique du MONOPRIX pour nous y pointer.
Et là, le bonheur.
Un parking bien éclairé, avec musique d'ambiance rassurante. Des caddies tout propres avec 4 roues qui fonctionnent en même temps, en un mot le luxe (payant, évidemment).
Et puis à l'intérieur, des rayons nickels, bien achalandés, avec des légumes rangés en petites montagnes appétissantes, des pains remisés dans des petits casiers en plexi (ne cherchez pas une baguette toute con, ça n'existe pas. Elle sera forcément aux noix, au levain ou campagnarde), des fromages pas forcément sous plastique et de la charcuterie faite avec du cochon qui a vu la lumière du jour et qui n'a pas été nourri avec les restes de son voisin d'étable. Et puis à MONOP' les caddies sont minoritaires, c'est à dire que la plupart des clients se trimbalent avec un petit panier en plastique, d'où une fluidité dans la circulation des bipèdes très, très appréciable. en plus, comme le caddie ne peut pas monter les escalators, vous n'êtes pas tenté d'aller faire un tour au rayon des jeux vidéos ou des fringues, contrairement au CARROUF'. Au MONOP' les tentations se manifestent dans le domaine alimentaire exclusivement. Exemples? On a craqué sur du vin (4 bouteilles), de la confiture de myrtille spécialement conçue pour accompagner le fromage, des compotées à la rhubarbe Andros (que même celle de ma grand-mère elle lui arrive pas à la cheville du pot), du pain rustique et "le tout-venant" (expression chère à ma Douce, qui désigne tout ce qui sera consommé dans la semaine et qui ne demande qu'une intervention humaine très limitée pour être consommé: plats préparés pour elle le midi et croque-monsieur (pluriel invariable, ne cherchez pas le "S"), gnocchis, tartes surgelées, jambon blanc, etc. pour tout le monde le soir).
Pas de foule, juste des gens pas speeds pour deux sous (avec 75 ans de moyenne d'âge, c'est sûr, le sprint dans les rayons n'est pas forcément recommandé), des employés aimables (ils n'ont même pas de chewing-gum et ils sourient quand vous passez en caisse sans qu'il y ait besoin que le chef de caisse leur plante un flingue dans les côtes) et qui connaissent la plupart des clients. Et les clients les RECONNAISSENT et certains prennent même de leurs nouvelles. Nous on ne vient pas souvent alors personne ne nous connaît. va falloir qu'on s'applique et qu'on se dégote une "Monique" ou une "Fatima" qui nous lancera un joyeux "alors, vous êtiez parties en vacances, ça fait 15 jours que je ne vous ai pas vues". Nous aussi on veut s'intégrer!
La bonne surprise c'est qu'on en a pas eu pour plus cher que pour un plein habituel.
Alors, c'est sûr on y retournera.
Parce que c'est économique bien sûr.
Il faut s'y résoudre. Etre courageuses. Rester dignes et fières sous les quolibets.
En un mot il faut A-SSU-MER.
Assumer quoi? Une coiffure ratée? Une addiction au camembert? de chausser du 41?
Non malheureux, quelquechose de beaucoup plus grave.
Nous nous boboïsons plus vite que la lumière.
Hier nous avons atteint le point de non-retour, l'étape ultime d'une transformation irréverscible : nous sommes allées faire nos courses à MONOPRIX et pas à Carrefour.
Et pas pour une tranche de jambon blanc et un paquet de biscottes, hein. Non, le gros plein des familles, celui qui vous plombe le budget de la quinzaine et vous donne des sueurs froides au passage en caisse.
Le problème d'habiter une ville de pauvres (dois-je rappeler que Montreuil, avec ses 100000 habitants, est la plus grande ville de Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France. Même la Creuse fait mieux, vous imaginez l'étendue du désastre!) c'est que vous êtes riches à l'insu de votre plein gré, pour peu que vous ayez deux salaires pour faire bouillir la marmite et aucune dette chez Médiatis, le nain en gazon qui rigole à chaque fois que vous creusez un peu plus votre tombe bancaire). Du coup vous adoptez un comportement de riches et vous faîtes les difficiles.
Si vous avez le mauvais goût de penser qu'un survêt n'est pas la tenue idéale de drague (surtout pour une fille) et si vous ne communiquez pas par invectives et borborygmes, alors vous vous lassez très vite des centres commerciaux à trois étages qui vous environnent. Ce décalage permanent avec le reste de la clientèle est une source permanente de contrariété. Par exemple, si pour vous faire les courses le samedi est une corvée, un sacerdoce, un chemin de croix commercial, sachez que pour la plupart de vos voisins c'est un PLAISIR. C'est LA sortie du week-end. Les mecs sortent leur plus beau costard survêt et les filles se maquillent tellement qu'on croirait que L'Oréal fait des tests d'allergie sur échantillon humain en partenariat avec Pimkie et Scoregame. Alors que vous, vous profitez justement du week-end pour ne PAS vous maquiller.
Bref, tout ça pour vous dire que le Carrefour de Rosny2, on en a fait une overdose. Certes, on a tenté celui de la porte de Montreuil, mais là c'est encore pire : le parking est imbitable et personne ne respecte le sens de circulation. Il faut dire que le code de la route dans le 93 n'est pas celui du reste de l'hexagone. Par exemple sur l'autoroute la bande d'arrêt d'urgence est une voie à part entière. Je vous dis ça pour que vous ne vous fassiez pas emboutir par l'arrière sur l'A3 si vous avez un jour le malheur de crever une roue. Roulez sur la jante jusqu'à la prochaine sortie, vous augmenterez vos chances de survie.). Les rayons y sont tellement glauques que l'éclairage doit être copié sur le CARREFOUR de Bucarest.
Alors voilà, hier on a craqué, on a trouvé le prétexte débile de la plus grande proximité géographique du MONOPRIX pour nous y pointer.
Et là, le bonheur.
Un parking bien éclairé, avec musique d'ambiance rassurante. Des caddies tout propres avec 4 roues qui fonctionnent en même temps, en un mot le luxe (payant, évidemment).
Et puis à l'intérieur, des rayons nickels, bien achalandés, avec des légumes rangés en petites montagnes appétissantes, des pains remisés dans des petits casiers en plexi (ne cherchez pas une baguette toute con, ça n'existe pas. Elle sera forcément aux noix, au levain ou campagnarde), des fromages pas forcément sous plastique et de la charcuterie faite avec du cochon qui a vu la lumière du jour et qui n'a pas été nourri avec les restes de son voisin d'étable. Et puis à MONOP' les caddies sont minoritaires, c'est à dire que la plupart des clients se trimbalent avec un petit panier en plastique, d'où une fluidité dans la circulation des bipèdes très, très appréciable. en plus, comme le caddie ne peut pas monter les escalators, vous n'êtes pas tenté d'aller faire un tour au rayon des jeux vidéos ou des fringues, contrairement au CARROUF'. Au MONOP' les tentations se manifestent dans le domaine alimentaire exclusivement. Exemples? On a craqué sur du vin (4 bouteilles), de la confiture de myrtille spécialement conçue pour accompagner le fromage, des compotées à la rhubarbe Andros (que même celle de ma grand-mère elle lui arrive pas à la cheville du pot), du pain rustique et "le tout-venant" (expression chère à ma Douce, qui désigne tout ce qui sera consommé dans la semaine et qui ne demande qu'une intervention humaine très limitée pour être consommé: plats préparés pour elle le midi et croque-monsieur (pluriel invariable, ne cherchez pas le "S"), gnocchis, tartes surgelées, jambon blanc, etc. pour tout le monde le soir).
Pas de foule, juste des gens pas speeds pour deux sous (avec 75 ans de moyenne d'âge, c'est sûr, le sprint dans les rayons n'est pas forcément recommandé), des employés aimables (ils n'ont même pas de chewing-gum et ils sourient quand vous passez en caisse sans qu'il y ait besoin que le chef de caisse leur plante un flingue dans les côtes) et qui connaissent la plupart des clients. Et les clients les RECONNAISSENT et certains prennent même de leurs nouvelles. Nous on ne vient pas souvent alors personne ne nous connaît. va falloir qu'on s'applique et qu'on se dégote une "Monique" ou une "Fatima" qui nous lancera un joyeux "alors, vous êtiez parties en vacances, ça fait 15 jours que je ne vous ai pas vues". Nous aussi on veut s'intégrer!
La bonne surprise c'est qu'on en a pas eu pour plus cher que pour un plein habituel.
Alors, c'est sûr on y retournera.
Parce que c'est économique bien sûr.
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