Yes I'm Free, to do what I want...
Dans cet appartement on vient d'éviter le pire.
Quoi? Plus rien dans le frigo? plus de sous pour payer les traites? Une fuite dans la salle de bains? Un rat sous l'évier? Un chat dans la gorge ou une araignée au plafond?
Mais non, vous n'y êtes pas.
C'est BEAUCOUP plus grave que ça.
On a été privé d'internet pendant 24h.
Ben oui, la freebox nous a lâchées vers midi hier, sans un bruit, sans une plainte (mais pas dans un souffle, c'est quand même que du plastique, hein).
Je suis rentrée à 13h30 chez moi où j'ai juste eu le temps de croiser ma douce qui partait au travail. Et là, j'ai tout de suite vu dans ses yeux que quelquechose clochait. "On n'a plus internet et je sais pas pourquoi. Je l'ai rebootée (la freebox) plusieurs fois mais il se passe rien. Tu crois que tu pourras faire quelquechose? T'as un numéro pour les appeler? (les gars de chez free)".
Ben non, faudrait que j'aille sur internet pour le trouver.
Bref, ma meuf s'en va, anxieuse, visiblement contrariée (il faut dire que lui enlever internet c'est comme imaginer Maîté cuisinant à la margarine, ou Patrick Sébastien animant le jour du Seigneur : c'est pas concevable) et me rappelle quelques heures plus tard. A son boulot elle a passé le site de notre opérateur en revue mais nada, quedal, aucune mention d'incident sur Montreuil. Elle me file le numéro de l'assistance Free et me voilà partie sur ce que je crains d'être le début du parcours du combattant du freenaute en quête de secours.
J'appelle de mon portable (ben oui, quand vous êtes dégroupé total, vous êtes vraiment dans la merde en cas de pépin! Plus de télé non plus, mais jusque là c'était pas trop le problème), et c'est parti pour la causerie même pas un peu excitante à 0,34€ la minute.
J'ai passé 20 minutes avec une charmante dame qui semblait avoir l'âge de ma mère (je n'ai pas pu m'empêcher de croiser les doigts pour qu'elle soit plus à l'aise que ma reum avec un clavier, sinon j'étais sûre d'exploser mon forfait), et qui m'a demandé de lui décrire la situation. Et je me lance à lui parler du chenillard qui faisait le tour de l'écran comme un crétin.
- "et il est comment le chenillard?"
- " ben...vert."
- " oui, bien sûr, mais il a combien de traits?"
- " heu...deux."
- "Vous avez bougé vos meubles récemment?"
Etc. (vous remarquerez au passage l'à-propos dans l'enchaînement des questions...)
Elle m'a fait démonter une prise téléphonique pour vérifier qu'il n'y avait pas de problème de condensateur (pas facile à faire d'une main) puis m'a fait jurer-cracher que j'allais tester la freebox sur une autre prise et qu'après je ferai un test croisé avec une autre box, pas forcément de chez Free, pour m'assurer que le problème venait du boîtier. J'ai juré mais j'ai pas craché, et j'ai raccroché après lui avoir souhaité une bonne soirée. La mienne de soirée je la sentais moyenne, à quatre pattes dans le salon à essayer de démêler les 5423 m de câbles grossièrement planqués derrière la télé.
Tout en bricolant autour de la free, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à tous ces utilisateurs, pas forcément très au fait de tout ce qui se branche, genre les deux vieux pour je ne sais quelle pub, qui s'excitaient tout seuls autour d'une souris ("j'te dis qu'il faut cliquer"). Quelle résonnance pourrait bien avoir pour eux des expressions du genre "test croisé"?
L'assistance a ses limites (certains me diront, surtout chez Free).
Il faut imaginer le regard empli de tristesse de l'Emmerdeuse lorsqu'elle a franchi le pas de la porte à 21h05 : "Alors?".
- "Ben alors rien".
Autant lui annoncer que le chat était mort ou que Sarko venait de déclencher l'article 16 pour s'emparer des pleins pouvoirs.
Pour passer le temps elle m'a regardée jouer à Stranglehold sur la PS3, en me gratifiant de ces commentaires insupportables dont elle a le secret (tu devrais faire-ci, passes plutôt par là, regarde, là! etc.). Dans ces cas-là je suis aussi détendue que dans la bagnole de l'auto-école le jour du permis.
Du coup j'ai vite arrêté de jouer et on est allées se coucher de bonne heure.
Hé, hé.
Bref, ce matin, coup d'oeil anxieux au chenillard, toujours désespérément vert, toujours désespérément à la recherche d'une connexion.
Et mon emmerdeuse en train d'échafauder des théories apocalyptiques sur notre avenir numérique, éructant les pires insanités contre Free et ses employés. En un mot elle pétait un plomb, du coup on s'est recouchées.
Hé, hé.
On a emmené le globule chez Quick pour se changer les idées, puis on est allées dans notre librairie préférée (ça tombe bien, c'est la seule de Montreuil. On habite dans le 93 je vous rappelle, où mieux vaut chercher un Scoregame qu'un Cultura). Accueil super sympa, petit thé ou café et petits gâteaux pour fêter une dédicace. Aprs le Quick c'était tout ce qui nous fallait.
Pleine comme des outres on a erré dans les rayons, les yeux brillants d'envie de tout dévorer. Le globule s'est installée sur sa petite chaise à l'étage (mademoiselle a ses habitudes), feuilletant tout ce qui passait à portée de ses mimines potelées.
Après nos emplettes on est rentrées à pieds tranquille-tranquille à la maison, bien contentes de notre petite sortie.
Une fois la porte franchie, j'ai jeté un coup d'oeil à la freebox, sans grande conviction, me préparant déjà à filer à vélo chez ma belle-mère pour lui piquer sa live-box et faire ce putain de test croisé.
Mais Ô miracle! le chenillard s'était transformé en 15:55.
De nouveau nous êtions de plain-pied dans le XXI ème siècle, semblables parmi nos semblables, connectées au monde entier, en un mot des freenautes heureuses.
Mais moi j'ai bien aimé quand on était juste entre nous.
Je n'exclus pas des débranchements sauvages, à l'occasion...
Quoi? Plus rien dans le frigo? plus de sous pour payer les traites? Une fuite dans la salle de bains? Un rat sous l'évier? Un chat dans la gorge ou une araignée au plafond?
Mais non, vous n'y êtes pas.
C'est BEAUCOUP plus grave que ça.
On a été privé d'internet pendant 24h.
Ben oui, la freebox nous a lâchées vers midi hier, sans un bruit, sans une plainte (mais pas dans un souffle, c'est quand même que du plastique, hein).
Je suis rentrée à 13h30 chez moi où j'ai juste eu le temps de croiser ma douce qui partait au travail. Et là, j'ai tout de suite vu dans ses yeux que quelquechose clochait. "On n'a plus internet et je sais pas pourquoi. Je l'ai rebootée (la freebox) plusieurs fois mais il se passe rien. Tu crois que tu pourras faire quelquechose? T'as un numéro pour les appeler? (les gars de chez free)".
Ben non, faudrait que j'aille sur internet pour le trouver.
Bref, ma meuf s'en va, anxieuse, visiblement contrariée (il faut dire que lui enlever internet c'est comme imaginer Maîté cuisinant à la margarine, ou Patrick Sébastien animant le jour du Seigneur : c'est pas concevable) et me rappelle quelques heures plus tard. A son boulot elle a passé le site de notre opérateur en revue mais nada, quedal, aucune mention d'incident sur Montreuil. Elle me file le numéro de l'assistance Free et me voilà partie sur ce que je crains d'être le début du parcours du combattant du freenaute en quête de secours.
J'appelle de mon portable (ben oui, quand vous êtes dégroupé total, vous êtes vraiment dans la merde en cas de pépin! Plus de télé non plus, mais jusque là c'était pas trop le problème), et c'est parti pour la causerie même pas un peu excitante à 0,34€ la minute.
J'ai passé 20 minutes avec une charmante dame qui semblait avoir l'âge de ma mère (je n'ai pas pu m'empêcher de croiser les doigts pour qu'elle soit plus à l'aise que ma reum avec un clavier, sinon j'étais sûre d'exploser mon forfait), et qui m'a demandé de lui décrire la situation. Et je me lance à lui parler du chenillard qui faisait le tour de l'écran comme un crétin.
- "et il est comment le chenillard?"
- " ben...vert."

- " oui, bien sûr, mais il a combien de traits?"
- " heu...deux."
- "Vous avez bougé vos meubles récemment?"
Etc. (vous remarquerez au passage l'à-propos dans l'enchaînement des questions...)
Elle m'a fait démonter une prise téléphonique pour vérifier qu'il n'y avait pas de problème de condensateur (pas facile à faire d'une main) puis m'a fait jurer-cracher que j'allais tester la freebox sur une autre prise et qu'après je ferai un test croisé avec une autre box, pas forcément de chez Free, pour m'assurer que le problème venait du boîtier. J'ai juré mais j'ai pas craché, et j'ai raccroché après lui avoir souhaité une bonne soirée. La mienne de soirée je la sentais moyenne, à quatre pattes dans le salon à essayer de démêler les 5423 m de câbles grossièrement planqués derrière la télé.
Tout en bricolant autour de la free, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à tous ces utilisateurs, pas forcément très au fait de tout ce qui se branche, genre les deux vieux pour je ne sais quelle pub, qui s'excitaient tout seuls autour d'une souris ("j'te dis qu'il faut cliquer"). Quelle résonnance pourrait bien avoir pour eux des expressions du genre "test croisé"?
L'assistance a ses limites (certains me diront, surtout chez Free).
Il faut imaginer le regard empli de tristesse de l'Emmerdeuse lorsqu'elle a franchi le pas de la porte à 21h05 : "Alors?".
- "Ben alors rien".
Autant lui annoncer que le chat était mort ou que Sarko venait de déclencher l'article 16 pour s'emparer des pleins pouvoirs.
Pour passer le temps elle m'a regardée jouer à Stranglehold sur la PS3, en me gratifiant de ces commentaires insupportables dont elle a le secret (tu devrais faire-ci, passes plutôt par là, regarde, là! etc.). Dans ces cas-là je suis aussi détendue que dans la bagnole de l'auto-école le jour du permis.
Du coup j'ai vite arrêté de jouer et on est allées se coucher de bonne heure.
Hé, hé.
Bref, ce matin, coup d'oeil anxieux au chenillard, toujours désespérément vert, toujours désespérément à la recherche d'une connexion.
Et mon emmerdeuse en train d'échafauder des théories apocalyptiques sur notre avenir numérique, éructant les pires insanités contre Free et ses employés. En un mot elle pétait un plomb, du coup on s'est recouchées.
Hé, hé.
On a emmené le globule chez Quick pour se changer les idées, puis on est allées dans notre librairie préférée (ça tombe bien, c'est la seule de Montreuil. On habite dans le 93 je vous rappelle, où mieux vaut chercher un Scoregame qu'un Cultura). Accueil super sympa, petit thé ou café et petits gâteaux pour fêter une dédicace. Aprs le Quick c'était tout ce qui nous fallait.
Pleine comme des outres on a erré dans les rayons, les yeux brillants d'envie de tout dévorer. Le globule s'est installée sur sa petite chaise à l'étage (mademoiselle a ses habitudes), feuilletant tout ce qui passait à portée de ses mimines potelées.
Après nos emplettes on est rentrées à pieds tranquille-tranquille à la maison, bien contentes de notre petite sortie.
Une fois la porte franchie, j'ai jeté un coup d'oeil à la freebox, sans grande conviction, me préparant déjà à filer à vélo chez ma belle-mère pour lui piquer sa live-box et faire ce putain de test croisé.
Mais Ô miracle! le chenillard s'était transformé en 15:55.
De nouveau nous êtions de plain-pied dans le XXI ème siècle, semblables parmi nos semblables, connectées au monde entier, en un mot des freenautes heureuses.
Mais moi j'ai bien aimé quand on était juste entre nous.
Je n'exclus pas des débranchements sauvages, à l'occasion...
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