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par la fenêtre

Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /2008 18:16
Petite pépite découverte ce midi à la télé...

A l'heure où dame publicité ne cesse d'essayer de nous convaincre à coups de spots, affiches et slogans indigents à quel point nous sommes uniques, beaux et désirables parmi nos médiocres semblables, il n'est pas mauvais de tendre devant soi un miroir teinté d'auto-dérision et de s'adresser un clin d'oeil en murmurant "j'suis pas dupe...".
Et si vous vous croyez malgré tout plus fort que la machine à uniformiser les masses, faites-donc un tour ici, et découvrez le travail d'artistes néerlandais (expo photo en cours au Carrousel du Louvre) qui ont shootés pendant 15 ans nos contemporains.

Et vous, de quel troupeau êtes-vous?



Publié dans : par la fenêtre - Par Val
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Dimanche 14 septembre 2008 7 14 /09 /2008 18:18
Et oui, encore une rentrée!
Ok, des nazes, il y en a toute l'année, mais là...

Je suis rentrée de week-end il y a à peine heure, juste le temps d'aider (un peu) l'Emmerdeuse qui s'agite toujours (beaucoup) lorsque l'on rentre, quelle que soit la durée de l'absence. Que voulez-vous...elle n'aime pas les godasses qui trainent, les sacs qui restent la gueule béante dans le passage, le linge sale qui déborde du panier, la caisse du chat qui embaume tout l'appartement d'une douce effluve à peine étouffée par la litière Catsan, première litière des chats d'appartements (et oui, tous ces litres d'urine qui ne trouvent pas d'arbre pour se répandre, et ces étrons minuscules qui jamais ne connaîtront le bonheur d'être enfouis à même la terre, tout ça réclame la Rolls de la litière. C'est ça où vous perdez tous vos amis à la prochaine visite.)

Désolée, je me suis perdue en route.
Hop, me revoilà avec mon histoire de retour de week-end.

Après donc, avoir participé modestement à la remise en ordre de l'espace de vie familial, je me suis installée (la première, yes!) derrière le clavier pour jeter un oeil distrait à l'actu, histoire de m'assurer que je n'avais pas raté un épisode crucial de l'histoire du monde (déclenchement de la troisième guerre mondiale, séisme en Californie, coup d'Etat en Micronésie, rupture d'anévrisme de Loana, que sais-je encore?).
Et là, paf! en Une du Monde.fr, la photo du sémillant ministre de l'éducation Xavier Darcos, auteur d'une idée abracadabrantesque ce week-end. Laquelle donc? Remettre à chaque bachelier une médaille. Or, argent, ou bronze selon la mention.


Moi je dis que les ministres, il faut qu'ils apprennent à faire comme nous le week-end : DECOMPRESSER.
Franchement, une idée comme ça on ne peut l'avoir que le week-end après une semaine chargée au max, quand le cerveau crie "pitié" et la main qui tient le stylo hurle "pause"!
Si ça se trouve on aurait échappé à bien des réformes à la con si nos grands décideurs avaient su lever le pied en fin de semaine.

Franchement, une médaille...
Déjà que le diplôme, avouez-le, vous ne savez même plus où vous l'avez rangé, alors à quoi bon ajouter un gadget de plus?
Et puis c'est très fin, très subtil, de vouloir distinguer en quelque sorte "l'élite" du commun, les relégués au rencart du système éducatif, largués à quatorze ans dans des BEP vente ou mécanique qu'ils n'ont pas choisis.
On me dira que je fais du mauvais esprit, et que bien entendu monsieur Darcos n'entendait pas se limiter au bac général, mais incluait aussi les bacs pros. Bien sûr.

Je pense qu'en fait il a mal compris l'effet "JO".
Monsieur le ministre, ce qui fait rêver les gamins, ce ne sont pas les breloques autour du cou des athlètes. Ce sont la gloire, l'aura qui entourent les vainqueurs qui les fascinent tant, sans oublier les contrats publicitaires mirobolants qui garantissent une retraite confortable à des types de 30 ans.

Et si au lieu de commander quelques centaines de milliers de médaille tous les ans, on essayait de claquer les sous du contribuable dans des actions plus constructives?

Si par exemple on évitait qu'une proportion honteuse de mômes arrivent en sixième sans maîtriser la lecture et l'écriture? Si on se mobilisait pour que les bancs de la fac ne se remplissent pas inexorablement à chaque rentrée d'un nombre effarant d'étudiants qui ne savent pas écrire? (au sens tenir un discours, un raisonnement, dans un français intelligible). Je me souviens qu'il y a un peu plus de 10 ans, quand j'étais moi-même en fac de droit, les profs commençaient à nous retirer des points pour ce motif. On n'avait jamais vu une génération de futurs avocats, magistrats ou notaires potentiels aussi infoutus de rédiger quatre lignes intelligentes à la suite.
Mal partis ceux-là pour la rédaction d'un testament ou d'un contrat en 50 pages...
(exemple :"A cause qu'elle ait morte elle lesse à son népoux et ces enfant quinze milles euros en titres d'hiver". La classe. On est loin de Flaubert!).
Si on faisait en sorte que l'année scolaire ne s'arrête pas début juin pour la plupart des collégiens et lycéens?
Hein?

Ce qui est rassurant c'est que cette idée a fait l'unanimité.
Contre elle.
Publié dans : par la fenêtre - Par Val
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Dimanche 7 septembre 2008 7 07 /09 /2008 15:36
Ce week-end est décidément délicieux.

Après une difficile rentrée (parce qu'il fallait rentrer, justement), je n'arrivais pas à sortir la tête du brouillard ou autre recoin de mon anatomie à vocation expulsive, et me contentais de ruminer méchamment mes idées noires, le nez collé à mon quotidien fait de métro-boulot-dodo-t'as-pas-un-verre-d'eau-salaud.
Mais vous vous en doutiez, mes petits lapins malins, scotchés que vous êtiez à mon flux RSS désespérement inerte...(non? ben faîtes comme si, ça m fera plaisir)  "Mais elle va pondre quelquechose la salope?!!! Pas un énième truc où elle danse la gigue avec ses neurones et ses angoisses métaphysiques de privilégiée de bobo, non, un truc qui nous divertirait, qu'elle nous parle donc de bouquin, tiens, histoire qu'elle se rende utile...".
Et oui. Maintenant vous le savez, je vous espionne. Je connais le tréfond de vos pensées profondes, et croyez-moi pour certains c'est pas joli-joli. Mais enfin, cela ne me regarde pas, comme dirait l'autre abruti à la tête plus creuse qu'un ballon de foot un soir de finale de coupe du monde.
Alors voilà, je remonte la pente, je hisse la grand-voile, je passe la cinquième, en un mot je sors du trou.
Non, pas celui-là.
Mais un trou quand même.
Un grand merci à cet ami bloguesque qui a fait le détour sur Paris pour venir nous rencontrer à Montreuil dans notre antre, le célébrissime Nidouillé. Un trop bref passage,  le temps juste suffisant pour nous de le gaver de cornes de gazelle et de paroles en cascades, le tout parsemé de rires bêtes et de sourires rassurants (c'est qu'il est timide le bougre, mais prêt à passer outre sa réserve, pourvu qu'on l'y invite. Et c'était le cas.). Une bien belle rencontre, une de plus dans la vraie vie du dehors, la seule qui vaille vraiment la peine, comme les uns et les autres semblent vouloir le rappeler, à juste titre, deci-delà la blogosphère.
Et le soir même un dîner chez des amis, à 7 réunis autour d'une soupière fumante de soupe de poisson maison, pas de bol pour moi qui n'aime décidément pas ça mais un grand moment de rigolade pour les autres, le regard rivé sur ma pomme à chaque cuillerée! Dans le lot un ado de 14 ans bientôt, au langage inintelligible ponctué de braiements et autres gloussements propres à la puberté, mais tellement chouette. Pour un peu on l'aurait envié. Mais finalement non, suffit pour moi de revoir les photos de ma gueule au même âge, ça me réconcilie avec la maturité...
Et puis ce matin une grande balade en solitaire à vélo, histoire de me détendre et de mettre un frein à ma réflexionnite aigue. Comme d'hab' j'ai mis le cap sur le bois de Vincennes, motivée par l'envie de me promener une des dernières fois de l'année dans les sous-bois couverts de feuilles, avant que l'automne ne vienne déshabiller l'endroit à coups de vents assassins.
Allez savoir pourquoi, j'ai décidé de bifurquer le plus possible au gré des petits sentiers à peine tracés qui sillonnent le bois. Ils sont tellement bien isolés que je n'ai croisé presque personne sur ma route. Je me suis rendu compte que je ne connaissais qu'une infime partie du bois, la plus fréquentée et sans doute, de ce fait, la plus rassurante.
Et pourtant, pas de pervers ou d'assassin armé d'une tronçonneuse ou d'une faucille derrière les troncs, pas même un exhibitionniste en mal de joggeuse.
En revanche j'ai croisé la route d'un écureuil et d'un couple de poules d'eau (enfin elles, elles étaient sur l'eau, pas sur la route, mais vous m'avez comprise, évidemment). Sans parler de ce corbeau qui a volé devant moi sur une cinquantaine de mètres, austère compagnon au plumage brillant, la grâce incarnée dans un silence de cathédrale.
Je me suis perdue, volontairement, et cela n'avait pas d'importance.
Je voulais découvrir, être surprise, aller au-delà de ce que je connaissais.
Ne pas m'arrêter aux égratignures qui me zébraient les jambes ni à la soif qui me taraudait.
Et j'ai eu raison.
Accompagnée par la musique envoûtante de mon I-pod, j'ai redécouvert un endroit que je croyais connaître, simplement en acceptant de le regarder différement.

C'est comme ça que je veux voir ma vie maintenant.
Me reste à trouver les sentiers intéressants qui me méneront vers de nouvelles découvertes.

Et tant pis pour les détours.
Publié dans : par la fenêtre - Par Val
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