Dimanche 7 septembre 2008
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15:36
Ce week-end est décidément délicieux.
Après une difficile rentrée (parce qu'il fallait rentrer, justement), je n'arrivais pas à sortir la tête du brouillard ou autre recoin de mon anatomie à vocation expulsive, et me contentais de
ruminer méchamment mes idées noires, le nez collé à mon quotidien fait de métro-boulot-dodo-t'as-pas-un-verre-d'eau-salaud.
Mais vous vous en doutiez, mes petits lapins malins, scotchés que vous êtiez à mon flux RSS désespérement inerte...(non? ben faîtes comme si, ça m fera plaisir) "Mais elle va pondre
quelquechose la salope?!!! Pas un énième truc où elle danse la gigue avec ses neurones et ses angoisses métaphysiques de privilégiée de bobo, non, un truc qui nous divertirait, qu'elle nous parle
donc de bouquin, tiens, histoire qu'elle se rende utile...".
Et oui. Maintenant vous le savez, je vous espionne. Je connais le tréfond de vos pensées profondes, et croyez-moi pour certains c'est pas joli-joli. Mais enfin, cela ne me regarde pas, comme
dirait l'autre abruti à la tête plus creuse qu'un ballon de foot un soir de finale de coupe du monde.
Alors voilà, je remonte la pente, je hisse la grand-voile, je passe la cinquième, en un mot je sors du trou.
Non, pas celui-là.
Mais un trou quand même.
Un grand merci à cet ami bloguesque qui a fait le détour sur Paris pour venir nous rencontrer à Montreuil dans notre antre, le célébrissime Nidouillé. Un trop bref passage, le temps juste
suffisant pour nous de le gaver de cornes de gazelle et de paroles en cascades, le tout parsemé de rires bêtes et de sourires rassurants (c'est qu'il est timide le bougre, mais prêt à passer
outre sa réserve, pourvu qu'on l'y invite. Et c'était le cas.). Une bien belle rencontre, une de plus dans la vraie vie du dehors, la seule qui vaille vraiment la peine, comme les uns et les
autres semblent vouloir le rappeler, à juste titre, deci-delà la blogosphère.
Et le soir même un dîner chez des amis, à 7 réunis autour d'une soupière fumante de soupe de poisson maison, pas de bol pour moi qui n'aime décidément pas ça mais un grand moment de rigolade pour
les autres, le regard rivé sur ma pomme à chaque cuillerée! Dans le lot un ado de 14 ans bientôt, au langage inintelligible ponctué de braiements et autres gloussements propres à la puberté, mais
tellement chouette. Pour un peu on l'aurait envié. Mais finalement non, suffit pour moi de revoir les photos de ma gueule au même âge, ça me réconcilie avec la maturité...
Et puis ce matin une grande balade en solitaire à vélo, histoire de me détendre et de mettre un frein à ma réflexionnite aigue. Comme d'hab' j'ai mis le cap sur le bois de Vincennes, motivée par
l'envie de me promener une des dernières fois de l'année dans les sous-bois couverts de feuilles, avant que l'automne ne vienne déshabiller l'endroit à coups de vents assassins.
Allez savoir pourquoi, j'ai décidé de bifurquer le plus possible au gré des petits sentiers à peine tracés qui sillonnent le bois. Ils sont tellement bien isolés que je n'ai croisé presque
personne sur ma route. Je me suis rendu compte que je ne connaissais qu'une infime partie du bois, la plus fréquentée et sans doute, de ce fait, la plus rassurante.
Et pourtant, pas de pervers ou d'assassin armé d'une tronçonneuse ou d'une faucille derrière les troncs, pas même un exhibitionniste en mal de joggeuse.
En revanche j'ai croisé la route d'un écureuil et d'un couple de poules d'eau (enfin elles, elles étaient sur l'eau, pas sur la route, mais vous m'avez comprise, évidemment). Sans parler de ce
corbeau qui a volé devant moi sur une cinquantaine de mètres, austère compagnon au plumage brillant, la grâce incarnée dans un silence de cathédrale.
Je me suis perdue, volontairement, et cela n'avait pas d'importance.
Je voulais découvrir, être surprise, aller au-delà de ce que je connaissais.
Ne pas m'arrêter aux égratignures qui me zébraient les jambes ni à la soif qui me taraudait.
Et j'ai eu raison.
Accompagnée par la musique envoûtante de mon I-pod, j'ai redécouvert un endroit que je croyais connaître, simplement en acceptant de le regarder différement.
C'est comme ça que je veux voir ma vie maintenant.
Me reste à trouver les sentiers intéressants qui me méneront vers de nouvelles découvertes.
Et tant pis pour les détours.