Vendredi 4 juillet 2008
Sur le coup je n'ai rien voulu écrire, mais puisque 48h plus tard j'ai toujours les pelotes et une grosse envie de mordre, mieux vaut
que j'écrive! ça m'évitera, par exemple, de me soulager en collant une torgnole au globule pendant le dîner parce qu'elle a laissé tomber un petit pois sur le tapis.
En même temps, plus je lui colle des fessées, plus elle m'adore...Elle doit être comme sa mère, sado-masochiste.
Bref, l'éducation des enfants n'étant pas l'objet de ce post, revenons-en au sujet (les anti-fessées, dégagez y 'a rien à voir, promis, je ferai bientôt un post sur "les vertus pédagogiques des châtiments corporels conçus comme vecteurs de principes chez les enfants de moins de 10 ans").
Mercredi soir, rentrant du bureau par le truchement (mot inadapté mais qui me fait rire, vous m'excuserez) des véhicules urbains à voies réservées de la RATP (comprenez bus et métro), je prenais tranquillement ma correspondance bus-métro à la Gare de Lyon quand, à quelques mètres de la bouche de métro, je trouvais un homme gisant, inerte, le long du couloir qui mène aux quais.
Je ne sais pas pour, vous mais pour moi homme+allongé+inerte=mort
Pour m'en assurer (enfin surtout m'assurer du contraire, hein!), je me suis accroupie et j'ai secoué doucement l'épaule du monsieur. A mon grand soulagement il a ouvert un oeil et a tenté de se redresser, sans succès, pour me dire quelquechose.
Me penchant tel le chaperon rouge écoutant sa Mère-Grand, je compris qu'il tentait de m'expliquer qu'il avait fait une crise d'épilepsie.
C'est la que la colère a monté dans le dedans de moi, évidemment pas contre lui, mais contre tous les salopards qui étaient passés à côté de lui sans même lui jetter un regard.
Il faut imaginer ce que c'est que les couloirs du métro de la gare de Lyon entre 18h et 20h : C'est le rush à l'entrée du magasin Apple le jour de la sortie du dernier i-book qui fait le café, puissance 20. Beaucoup, beaucoup de monde.
Voulant que quelqu'un de plus compétent que moi s'occupe du monsieur, qui avait réussi à articuler avec difficulté qu'il logeait dans un foyer situé pas très loin, je tentais en vain de trouver un homme en bleu de la RATP.
Heureusement une infirmière qui rentrait aussi chez elle s'est arrêtée pour me demander ce qui se passait, et après que je lui ai fait un rapide topo elle est ressortie dans la rue pour aller chercher un pompier à peine pubère qui vendait des billets pour le bal du 14 juillet.
Réflexion du minot en arrivant auprès de mon épileptique exténué : "ah ouais, je le connais, il est souvent bourré, il traîne par ici souvent". Sous-entendu : "laissez-le là, c'est sa place".
Nous n'avons pas été trop de deux pour obliger l'homme du feu-de-mes-deux à appeler ses collègues de la caserne d'à-côté (sur mon portable, parce qu'évidemment, il avait plus de forfait). Quelques minutes après ils arrivaient et conduisaient le monsieur à l'hôpital, sans doute pour plusieurs jours avant qu'il soit en mesure de rejoindre son foyer d'hébergement.
Comment peut-on, en 2008, alors qu'on se targue d'être un pays évolué, donneur de leçons à tous les apprentis démocrates de la planète, que l'on est capable d'envoyer des sommes indécentes à des pays lointains touchés par des catastrophes, que l'on nous parle de solidarité à tout bout de champ, être capables de passer à côté d'un homme peut-être mort ou en détresse sans lui jetter un regard?
Putain, mais pour un chien avec une patte cassée les gens se seraient battus pour le ramener chez eux et l'enfouir sous une tonne de croquettes Frolic!
Certes, il y a beaucoup de SDF dans le métro, mais quand même : on fait la différence entre un type qui cuve son litre de villageoise affalé sur un banc et un homme mort!
Quand on en vient à considérer un être humain comme un déchet, comme un vulgaire détritus, on est au-delà de l'indifférence. On est dans l'inhumanité.
ça me fout les jetons et ça m'énerve.
Imaginez le temps qui s'est peut-être écoulé entre le moment où cet homme a fait sa crise d'épilepsie (sans doute violente parce qu'il s'était franchement mordu la langue et qu'il avait les muscles tétanisés) et l'arrivée des pompiers? Combien de culs-bénis que l'on voyait il n'y a pas si longtemps sur les bords du Canal Saint-Martin, passant une nuit sous la guitoune pour "toucher du doigt la condition des SDF", sont passés à côté de lui en l'ignorant? Si seulement il était passé à la télé, il aurait peut-être eu une chance.
Je vais m'arrêter là sinon j'en ai pour des heures et vous êtes en week-end, je ne vais pas vous gâcher la fête!

Juste une chose : pensez-vous que si vous faisiez une crise cardiaque dans la rue quelqu'un viendrait vous porter secours?
Et bien certains n'ont plus cette certitude.
Ce sont les mêmes que l'on montre du doigt parce qu'ils boivent.
Ils boivent parce qu'ils ne croient plus en rien, ou si peu.
ça vous étonne?
En même temps, plus je lui colle des fessées, plus elle m'adore...Elle doit être comme sa mère, sado-masochiste.
Bref, l'éducation des enfants n'étant pas l'objet de ce post, revenons-en au sujet (les anti-fessées, dégagez y 'a rien à voir, promis, je ferai bientôt un post sur "les vertus pédagogiques des châtiments corporels conçus comme vecteurs de principes chez les enfants de moins de 10 ans").
Mercredi soir, rentrant du bureau par le truchement (mot inadapté mais qui me fait rire, vous m'excuserez) des véhicules urbains à voies réservées de la RATP (comprenez bus et métro), je prenais tranquillement ma correspondance bus-métro à la Gare de Lyon quand, à quelques mètres de la bouche de métro, je trouvais un homme gisant, inerte, le long du couloir qui mène aux quais.
Je ne sais pas pour, vous mais pour moi homme+allongé+inerte=mort
Pour m'en assurer (enfin surtout m'assurer du contraire, hein!), je me suis accroupie et j'ai secoué doucement l'épaule du monsieur. A mon grand soulagement il a ouvert un oeil et a tenté de se redresser, sans succès, pour me dire quelquechose.
Me penchant tel le chaperon rouge écoutant sa Mère-Grand, je compris qu'il tentait de m'expliquer qu'il avait fait une crise d'épilepsie.
C'est la que la colère a monté dans le dedans de moi, évidemment pas contre lui, mais contre tous les salopards qui étaient passés à côté de lui sans même lui jetter un regard.
Il faut imaginer ce que c'est que les couloirs du métro de la gare de Lyon entre 18h et 20h : C'est le rush à l'entrée du magasin Apple le jour de la sortie du dernier i-book qui fait le café, puissance 20. Beaucoup, beaucoup de monde.
Voulant que quelqu'un de plus compétent que moi s'occupe du monsieur, qui avait réussi à articuler avec difficulté qu'il logeait dans un foyer situé pas très loin, je tentais en vain de trouver un homme en bleu de la RATP.
Heureusement une infirmière qui rentrait aussi chez elle s'est arrêtée pour me demander ce qui se passait, et après que je lui ai fait un rapide topo elle est ressortie dans la rue pour aller chercher un pompier à peine pubère qui vendait des billets pour le bal du 14 juillet.
Réflexion du minot en arrivant auprès de mon épileptique exténué : "ah ouais, je le connais, il est souvent bourré, il traîne par ici souvent". Sous-entendu : "laissez-le là, c'est sa place".
Nous n'avons pas été trop de deux pour obliger l'homme du feu-de-mes-deux à appeler ses collègues de la caserne d'à-côté (sur mon portable, parce qu'évidemment, il avait plus de forfait). Quelques minutes après ils arrivaient et conduisaient le monsieur à l'hôpital, sans doute pour plusieurs jours avant qu'il soit en mesure de rejoindre son foyer d'hébergement.
Comment peut-on, en 2008, alors qu'on se targue d'être un pays évolué, donneur de leçons à tous les apprentis démocrates de la planète, que l'on est capable d'envoyer des sommes indécentes à des pays lointains touchés par des catastrophes, que l'on nous parle de solidarité à tout bout de champ, être capables de passer à côté d'un homme peut-être mort ou en détresse sans lui jetter un regard?
Putain, mais pour un chien avec une patte cassée les gens se seraient battus pour le ramener chez eux et l'enfouir sous une tonne de croquettes Frolic!
Certes, il y a beaucoup de SDF dans le métro, mais quand même : on fait la différence entre un type qui cuve son litre de villageoise affalé sur un banc et un homme mort!
Quand on en vient à considérer un être humain comme un déchet, comme un vulgaire détritus, on est au-delà de l'indifférence. On est dans l'inhumanité.
ça me fout les jetons et ça m'énerve.
Imaginez le temps qui s'est peut-être écoulé entre le moment où cet homme a fait sa crise d'épilepsie (sans doute violente parce qu'il s'était franchement mordu la langue et qu'il avait les muscles tétanisés) et l'arrivée des pompiers? Combien de culs-bénis que l'on voyait il n'y a pas si longtemps sur les bords du Canal Saint-Martin, passant une nuit sous la guitoune pour "toucher du doigt la condition des SDF", sont passés à côté de lui en l'ignorant? Si seulement il était passé à la télé, il aurait peut-être eu une chance.
Je vais m'arrêter là sinon j'en ai pour des heures et vous êtes en week-end, je ne vais pas vous gâcher la fête!

Juste une chose : pensez-vous que si vous faisiez une crise cardiaque dans la rue quelqu'un viendrait vous porter secours?
Et bien certains n'ont plus cette certitude.
Ce sont les mêmes que l'on montre du doigt parce qu'ils boivent.
Ils boivent parce qu'ils ne croient plus en rien, ou si peu.
ça vous étonne?