Lectures de vacances(1) : La fausse veuve de Florence ben Sadoun

Publié le par Val

Ce n'est pas à proprement parlé le premier livre que j'ai ouvert pendant mes vacances, en revanche c'est le seul sur lequel je me sois formellement engagée à écrire, c'est pourquoi il fagocite illico la première place.
Ce livre n'est pas encore sorti, mais cela ne saurait tarder (entendez-vous le bourdonnement de la rentrée littéraire bruisser à vos oreilles?...). C'est donc en avant-première que votre obligée (ainsi que tout un tas d'autres auteurs de blogs qui s'intéressent aux livres) a été invitée à donner son avis, dans le cadre d'un partenariat entre chezlesfilles.com et les éditions Denoël.

D'entrée de jeux, j'annonce la couleur : ce n'est parce que je reçois un livre gratos que je me sens obligée d'une quelconque manière de l'encenser.
La preuve...

Pour faire court (comme le livre), disons qu'il s'agit du récit, façon "lettre à l'absent", de la dernière compagne d'un journaliste mort il y a de cela 10 ans, victime peu de temps auparavant du "locked-in-syndrome". Késako? Non ça ne veut pas dire que vous êtes allergique aux fermetures-éclairs...Il s'agit plutôt d'une sorte de cauchemar éveillé qui fait que vous vous retrouvez, après un accident cérébral, brutalement  prisonnier de votre corps qui ne vous répond plus et surtout ne vous obéit plus, alors que votre cerveau fonctionne parfaitement. En principe seules les paupières échappent à la paralysie, reconnaissez que ça fait peu. Cette histoire vous rappelle sûrement quelquechose, notamment si vous avez vu le film "le scaphandre et le papillon". Si comme moi vous n'avez pas vu le film, vous n'avez pas pu échapper au "buzz" qui l'a entouré et les grandes lignes de cette histoire tragique vous sont donc connues.
Sinon, vous deviez être en orbite, je ne vois pas d'autre explication plausible.

Dans son livre, Florence Ben Sadoun ne désigne jamais l'homme qui fut son Homme, mais s'adresse à lui en alternant le vouvoyement et le tutoiement, ce que j'ai trouvé assez lourd mais qui, sans doute, avait sa justification.
Dans une sorte de lettre ultime qu'elle adresserait à son ancien amour, elle règle quelques comptes, y compris avec "l'homme enfermé du dedans", nous démontre par A + B qu'elle n'est pas la salope qu'on a voulu qu'elle soit ni la sainte femme dévouée qu'on aurait voulu qu'elle soit, pour enfin rassurer tout le monde en nous faisant comprendre qu'aujourd'hui pour elle la page est tournée et qu'elle est parfaitement heureuse avec un autre homme qui lui est en pleine forme.

Ce serait beau, touchant, poignant, émouvant si ne figurait pas sous le titre la mention "roman".

L'auteur, Florence Ben Sadoun, est aujourd'hui rédactrice en chef de Première, et a précédemment été journaliste pour un certain nombre de magazines, dont ELLE.
Le journaliste victime du locked-in-syndrome était, avant son accident, rédacteur en chef de ELLE.
Il est donc vraisemblable qu'ils se soient connus, y compris bibliquement.
Il est donc plausible qu'ils aient été aussi proches que le livre le laisse entendre.

Alors pourquoi parler de roman, quand on croit lire un texte autobiographique, un bout de journal intime, une lettre volée?
Le plus agaçant, c'est qu'une partie du livre est consacrée à dézinguer le film évoqué plus haut, même si son titre et ses auteurs ne sont jamais cités, au motif que ces derniers se sont appropriés une histoire qui n'était pas la leur.
Mais quand on fait un roman d'une histoire personnelle, fait-on mieux que cela?

J'ai le sentiment que le lecteur se fait flouer dans cette affaire, à tort peut-être, mais l'impression est là. Comment démêler le vrai du faux? Peut-être s'agit-il d'une astuce grossière pour éviter une possible attaque en diffamation de l'une ou l'autre des personnes évoquées (jamais citées). A tout prendre, mieux valait peut-être garder le manuscrit dans un tiroir.

Et puis dernier coup de griffe : 13€ pour 107 pages, n'est-ce pas un peu excessif? D'autant qu'avec un tel format de départ, difficile d'imaginer une sortie en format poche.

La rentrée littéraire sera riche.
Elle permettra certaines impasses.



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Fred 30/08/2008 01:49

71660 en vidant le tableau

Fred 28/08/2008 16:54

Ah oui d'accord : ils se connaissaient bibliquement, ça veut dire qu'ils baisaient ensemble, c'est ça ? Je ne connaissais pas l'expression mais elle me plaît bien, tiens !

Fred 27/08/2008 22:24

264840 en vidant le tableau !

Val 28/08/2008 07:22


You are the champion!
mais que fait Zoé?


Fred 27/08/2008 21:44

Ah oui aussi (décidément...) : il y a un truc dans ton billet que je n'ai pas compris au sujet de Florence Ben Sadoun et du rédac'chef de Elle. Tu écris : "Il est donc vraisemblable qu'ils se soient connus, y compris bibliquement." Qu'entends-tu par ce "y compris bibliquement." ? J'ai eu beau chercher, j'ai pas trouvé...

Val 28/08/2008 07:22


c'est parce qu'elle écrit à de nombreuses reprises qu'elle a été son amante alors qu'ils travaillaient ensemble...d'où la vraisemblance de mon assertion!


Fred 27/08/2008 21:37

De toute façon sur Bublle, il n'y a pas que le score qui compte. En effet, on peut aussi considérer que le but est de vider le tableau le plus vite possible, le jeu ne proposant jamais une couleur qui a complètement disparu du tableau ET du next ball, on peut donc toutes les faire disparaitre et terminer avec moins de 100 000 points.


Encore sur le prix du livre : je suis d'accord avec toi sur le lien physique avec l'objet, je disais surtout ça parce que j'étais énervé du scandale d'oser pratiquer de tels tarifs, surtout pour un machin dont je parierais qu'en plus d'être court, il a été écrit avec les pieds (enfin, à toi de me dire sur ce point).

J'ai acheté "Le monde selon Monsanto" (chez Arte Editions) de Marie-Monique Robin. J'ai payé 20€ pour 350 pages. Seulement 50% plus cher ? Il y a un problème quelque part, non ? L'auteur, en plus du pur travail de rédaction (presque 3.5 fois plus important) a parcouru le monde pendant un an pour collecter des informations (même si elle s'est beaucoup basée sur des documents déclassifiés accessibles sur le net, il a fallu quand même vérifier tout ça et séparer le grain de l'ivraie) et recueillir des témoignages et des interviews.
Comment se justifie les 13€ de l'autre ?

Val 28/08/2008 07:20


ben justement, ils ne se justifient pas à mon sens...
Je ne dirais pas qu'il a été écrit avec les pieds, même si ce n'est pas un style qui m'a beaucoup touché, mais tout de même.