Autour de la Maison Blanche

Publié le par Val

Autour de la Maison Blanche il s'en passe de belles.

Je ne vous parle pas des lâchers de putes dans le jardin, tradition solidement ancrée depuis le passage du flamboyant JFK dans le bureau ovale. Ni de la manière très particulière du vieux Bill d'allumer ses cigares.
Non, je vous parle de la vraie vie de la capitale-Etat, cette curiosité institutionnelle habitée à 80% par des noirs plus fauchés qu'un champ de blé en juillet, coincés entre un taux de chômage qui s'affole et une délinquance qui ferait passer New-York pour Disneyland.
Et qui de mieux placé qu'un habitant du cru, un gars du pays, aussi amoureux de sa ville qu'impitoyable dans sa manière de la décrire, pour nous montrer la réalité des choses au travers de la fiction?
Depuis bientôt 15 ans, Georges Pelecanos est le médecin légiste de Washington : il  expose au lecteur sa ville à nu, sur l'acier froid de sa table d'autopsie, les tripes bien en évidence sous une lampe aveuglante. Il ne s'embarrasse pas d'artifices pour vous la rendre plus agréable à l'oeil, sa ville : le garçon n'a pas pris cosmétique en option à l'université,  c'est une certitude.
Dans Funky guns on retrouve des personnages récurrents de l'auteur, en particulier Nick Stefanos, descendant d'immigrés grecs, qui figurait déjà dans ses tous premiers livres, ou Dimitri Karras qui a fait son apparition dans King Suckerman, dont l'action se situait des les années 70.
Ne cherchez pas un scénario bétonné avec intrigue tarabiscotée et dénouement génial à la sauce Henning Mankell, ou vous serez déçu.
Pelecanos est un instinctif, il écrit sans connaître la fin de son histoire, et s'attarde avant tout sur la psychologie de ses personnages.

Funky Guns débute comme une très mauvaise journée : Franck et Richard Farrow, petites frappes sans peur et sans principes décident de braquer, avec l'aide d'un complice, une pizzeria qui sert de couverture à un obscur business illégal. Le braquage tourne mal et vire au carnage : tous les occupants du restaurant se font dessouder, Richard est abattu par un flic qui perdra l'usage de ses jambes à l'issue de la fusillade et un gosse de 5 ans se fera renverser par Franck, debout sur l'accélérateur de sa Ford Torino pour semer la flicaille qui cherche à le coffrer.
L'enfant de 5 ans est celui de Dimitri Karras, évoqué plus haut.
La trame du livre repose sur la quête de Karras décidé, après de longs mois de dépression, à mettre la main sur l'assassin de son fils. Quête croisée avec la recherche tout aussi obsédée de Franck Farrow qui compte bien retrouver l'inspecteur qui a buté son frère, et rééquilibrer les compteurs...Pivot de l'histoire, Nick Stefanos, qui, pour le meilleur et surtout pour le pire, rapprochera, par le jeu de son enquête, ces deux hommes blessés que a priori tout oppose, mais à qui la haine renvoie le même reflet. 
Selon Pelecanos, "un bon polar, c'est une bombe à retardement avec une grande mèche. C'est un sentiment d'inquiétude qui doit durer le plus longtemps possible".


Je vous conseille d'allumer cette mèche-là et d'aller vous planquer très vite pour attendre l'explosion.
Si, comme moi, vous avez du mal avec les bouquins qui entremêlent plusieurs histoires et donc un grand nombre de personnages, accrochez-vous, vos efforts seront récompensés! Et si vous oubliez en route qui est Thomas Wilson, pas grave, vous comprendrez quand même le dénouement!


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Dan 01/07/2008 23:22

Val de mon coeur, "tu es la plus grande vermine que la terre ai jamais portée!"
Le coté chiant avec toi, c'est qu'il est materiellement impossible à un banlieusard comme moi de commander puis d'avoir le dernier bouquin plebiscité avant que tu ne fasses l'eloge du suivant !
Tu pourrais pas parler de cul, un post sur deux, histoire que mon Gibert suive un peu?
Je me refuse à acheter à la fnac !
Ceci dit, pour le precedent, Rhooooooooooo! (*)


(*) ceci est le seul cri d'orgasme accepté dans ces lieux !

Val 02/07/2008 21:57


Arrête tes compliments, tu vas me faire rougir....
J'ai (presque) suivi ton conseil aujourd'hui, non?


MiC 01/07/2008 23:08

merci, je note !

Val 02/07/2008 21:56


De rien (comme d'hab!)


l'emmerdeuse 01/07/2008 18:22

Quand tu décris ce que tu lis et quand je lis ce que tu écris, ça me fait dire, mon coeur, que tu es à la gastronomie livresque ce que Bocuse est à la grande cuisine:
Tu fais saliver.

Val 02/07/2008 21:55


C'est vrai que j'ai un bo-cuse...