A l'aise dans ses charentaises

Publié le par Val

Quand on est un lecteur plutôt assidu, c'est à dire quand on lit dans l'année plus qu'une biographie de Michel Sardou au mois d'août sur le sable chaud de Palavas-les-flots, on a parfois du mal en fin d'année à se rappeler de ses lectures.
C'est particulièrement vrai pour moi, qui ai déjà du mal à me souvenir de mon nom.
Et bien je sais qu'en décembre, quand je ferai mon bilan littéraire annuel (qui n'intéresse que moi, nous sommes bien d'accord), je n'oublierai pas les pantoufles du samouraï de Patrick Cauvin. C'est le genre de petite bombe qui éclate bien volontiers dans vos mains de lecteur kamikaze, toujours prêt à mourir pour un bon livre.



Si vous avez eu un jour treize ans, ce qui est très probable compte tenu du morpho-type standard du visiteur moyen de mon blog (oui, oui, je vous vois, là. ça vous va bien ce bronzage d'ailleurs), vous connaissez forcément Patrick Cauvin, parce que vous avez lu E=Mc2 mon amour. Si ce n'est pas le cas reculez de trois cases et rattrapez votre retard. c'est plus qu'un conseil, plus qu'une invite franche et cordiale, une prière.

Les pantoufles du samouraï c'est, dans les grandes lignes, le journal intime d'un vieux schnock de 84 ans qui se décide tout à coup à raconter sa vie, lui qui n'a jamais rien écrit depuis 40 ans, époque à laquelle il expédiait quelques cartes postales sans intérêt depuis Palavas-les-Flots.

Décidément, Palavas est à l'honneur.
Faîtes-moi penser à parler de la Grande Motte un de ces quatre, sinon il va y avoir des jaloux.

Mais qu'est-ce qui peut bien arriver à un vieux de 84 ans qui soit si passionnant qu'il le pousse à écrire?
Et bien pas grand chose justement.
Et c'est ce qui rend ce bouquin aussi hilarant que tendre, aussi surprenant, aussi rafraîchissant.
Il faut l'écouter, le lire plutôt, ce prof momifié qui vous raconte ses petites manies, ses péripéties du jour (les expéditions à l'épicerie, inoubliables), qui vous décrit ses rencontres avec ses anciens élèves, tous devenus à ses yeux, ou presque, des cons.
Les deux ou trois relations qui égaient très épisodiquement une vie faîte de solitude et d'attente, mais pas forcément d'ennui.
La théorie du complot à la sauce gériatrique.

C'est drôle, c'est divinement bien écrit et d'autant plus touchant que le vieux bonhomme s'adresse à nous, lecteurs hypothétiques d'un journal de bord maladroit, truffé de digressions savoureuses.
Patrick Cauvin n'est pas un bleu, et en dépit d'un récit qui peut a priori sembler bordélique, tout est bien rangé, à sa place.
Le discours ne se perd pas, et le propos reste clair.


Régalez-vous cet été en dégustant ce petit bijou d'humour tendre, sur la plage de Palavas-les-Flots ou ailleurs.

A la Grande Motte?

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choko 05/08/2008 12:06

Livre choisi dans ta bibliothèque grâce à ta critique (et puis je l'avoue un peu grâce à sa couverture aussi, car si je n'ai pas lu E=MC2 mon amour, le combat ordinaire je connais). Dévoré non à Palavas mais dans les alpages. Refermé et immédiatemment transmis pour lecture. Bref, je souscris à ta critique! L'un de mes passages préférés est justement une des nombreuses digressions: quand il n'est plus possible de revêtir des gilets et qu'il faut passer à la fermeture éclair puis au velcro...

Zoé 29/06/2008 16:46

pffffffffffff ! soulagée, je te jure j'étais désolée ! Me voilà mieux, je respire, je vis, je retrouve le sourire enfin tout ça quoi ! Je vais peut-être pas en faire des kgs sur ce coup là !
Merci pour la chambre d'amùie mais je vais m'arrêter dans la salle de jeux... Bon dimanche à vous 3

Val 29/06/2008 18:04



M'enfin Zoé! j'ai jamais mangé personne (en tout cas on n'a jamais retrouvé les corps, héhé...)!
Relax et amuse-toi bien à dégommer les billes (et n'oublie pas d'annoncer le score, y'en a dans cet appart' qui ont un peu relâché l'entraînement, faut les stimuler!



Zoé 27/06/2008 09:07

C'est pas là, vas
C'est Pa-la-vas
Palavas
Je viens de me rendre compte de la possible inversion de sens, sorry, désolée, toutes mes modestes excuses, je me flagèle nue en pleine avenue des champs
Je voulais dire : même à Palavas
AÏe aïe aÏe la honte !
Je me sens devenir toute gluante, flasque

Ca va là ou je continue ?

On y est bien chez toi, chouette maison

Val 29/06/2008 10:00


Relax Zoé... Je t'ai demandé l'explication justement pour éviter le contre-sens.
Me voilà rassurée! Sois ici chez toi, la chambre d'amis est vaste (et très bien fréquentée)!


boubou 27/06/2008 04:13

Oh tu sais, c'est pas si terrible que ça en a l'air! Bon c'est vrai que j'y vais de moins en moins car il y a de plus belles plages vers le 13 et le 83 (je suis du 84), mais c'est plus loin! Et puis il y a la piscine aussi, il y a moins de monde!

Zoé 26/06/2008 16:49

Connais-tu Roberto Bolaño ?
"Nocturne du Chili"
1ère phrase "Maintenant ma mort est là, pourtant j'ai encore beaucoup de choses à dire."
Dernière phrase "Et ensuite se déchaîne une tempête de merde."
Le temps d'une dernière nuit d'agonie, il est vieux, c'est un ancien critique littéraire, il est poète, il est curé. Il est chilien.

Un bijou, gros comme le diamant de la reine (celle que tu veux, y a pas de préférence)
Pas facile facile mais un diamant, gros comme le bijou de la reine (lequel ? lequel ?)

Cauvin, c'est du Earl grey pur arabica à l'arôme parfumé de coriandre. C'est un espace vert avec la rivière qui coule pas loin.
C'est pas là, vas !

Val 27/06/2008 07:34


Connais pas Roberto (enfin pas celui-là), alors je te remercie pour la référence.
Par contre je ne suis pas sûre de piger ta dernière phrase?...