Je passe aujourd'hui le cap des 150 articles, et j'en suis d'autant plus ravie que c'est pour moi l'occasion de
me réjouir de la reconnaissance qui est faite de l'oeuvre d'un de mes auteurs préférés, J-M G. Le Clézio (Jean-Marie Gustave pour les intimes).
Je ne vais pas réécrire ce que vous trouverez, beaucoup plus documentés, sur tous les sites d'information qui ont relayé ces jours derniers l'incroyable nouvelle : Le Clézio a
empoché le Nobel 2008 de littérature!
Je vous dirai juste que cet auteur a bercé mon adolescence, sans doute parce qu'il sait, mieux que bien
d'autres, décrire les ruptures de la jeunesse, l'abandon, le voyage...Attention, pas le voyage au sens de tourisme mais le voyage comme une errance, un nomadisme pas forcément choisi. De tout
cela se dégage une critique en creux de notre société moderne et des valeurs (ou l'absence de valeurs) qu'elle véhicule.
Ses origines bretonnes, britanniques et mauriciennes l'ont sans doute prédisposé à une ouverture sur le monde exceptionnelle, un goût indéfectible pour la découverte de l'autre, ici ou
ailleurs.
Son oeuvre est fournie, je n'ai pas tout lu, loin de là, mais si j'avais deux lectures à vous recommander, ce seraient "Mondo et autres histoires", un recueil de nouvelles, et "Etoile errante" un
roman assez court.
Si vous ne connaissez pas encore cet auteur, ne vous inquiétez pas, votre libraire est en train de commander 50
exemplaires de chacun de ses livres pour faire face à la demande que ne va pas manquer de susciter la remise du Nobel...
La langue française est belle, la langue française vaut la peine d'être défendue, alors merci à vous monsieur Le Clézio, d'en porter si haut les couleurs!
Publié dans : la bibliothèque
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Par Val
Dimanche 12 octobre 2008
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10:03
Décidément, les voies du Seigneur sont impénétrables...
Alors que Benoît le teuton nous abreuve de sermons indigestes et autres conseils pratiques sur les 1001
manières de contracter la plus petite MST qui passe, quand le vieil homme un peu branlant du manche (mais pas le bon, sinon ça lui éclairerait peut-être le plafonnier) nous assène de vérités
profondes du type "aimons les pauvres, ils ne l'ont pas fait exprès", "aimons les riches, c'est grâce à eux si on peut entretenir le plafond de la chapelle sixtine", pendant ce temps-là 3
petits prêtres irlandais sont en train de signer un contrat faramineux chez Sony (1 million de $) leur trio "the priests" ayant tapé dans l'oeil d'un chasseur de talents.
J'espère qu'ils ont plus d'imagination pour écrire leurs textes que pour baptiser leur groupe, parce que là, franchement, ils ne se sont pas fait de noeuds au chapelet.
Signe qu'on a affaire à de vraies pop stars pleines d'avenir, le Figaro leur consacre un article et les promet
à un brillant avenir. Il faut dire que l'église a donné son accord, donc on ne peut pas dire que le rédac chef ait frisé l'excommunication (et non excommunion, croyez moi, en tant que
catholique pêcheresse, je suis bien renseignée sur ce qui me pend au bout du crucifix...)
Ce qui me fait bien rire, c'est que le Figaro fonce tout droit dans le panneau marqué "comparaison foireuse : danger" en rapprochant la belle aventure de Riri, Fifi et Loulou du dramatique
parcours de Soeur Sourire, cette jeune nonne belge qui dans les années 60 fit un tabac avec son tube
"Dominique".
Ce que ne précise pas le Figaro, c'est quelle fut la fin tragique de soeur
Sourire : perturbée par son succès, elle quitte les ordres quelques années après et sort un deuxième disque sous un autre pseudo (le premier est propriété de son ancien couvent) avec en
titre phare "la pilule d'or", une ode à la contraception!
Décidément très libérée, elle s'installe avec sa compagne (je n'ai pas dit cousine ou meilleure amie), psy pour enfants.
Dans les années 80, les deux femmes se suicident, harcelées par le fisc belge qui leur réclame des sommes colossales, cette administration étant convaincue que soeur Sourire, du temps de sa
splendeur, a acquis des gains faramineux.
Problème : la soeur, à l'époque, a reversé la totalité de ses gains à l'Eglise. Cette dernière a malencontreusement oublié de lui signer des reçus (les frères économes sont encore plus
redoutables qu'un trader un jour de krach) et , sans doute un peu rancunière, fera la sourde oreille lorsque l'ex-nonne lui demandera de l'aide...
Un conseil les p'tits Irish : pensez à réclamer un reçu, quand vous ferez don de vos gains aux bonnes oeuvres, comme vous l'avez annoncé!
Charité bien ordonnée commence par soi-même (sinon demande un reçu).
Amen.
Publié dans : le grenier
15
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Par Val
Mercredi 8 octobre 2008
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20:55
Petite intervention en ma qualité d'administratrice de "la communauté de l'âne
Ô".
Je tiens juste à expliquer aux postulants que si, dans un premier temps, je me suis chargée seule des adhésions, je me
suis tournée assez vite vers les "membres fondateurs" de la communauté pour procéder à un vote sur chaque candidature, ce qui semblait tout de même un poil plus démocratique (mais un poil
seulement, j'en conviens) que s'en remettre à mon seul jugement.
Sachez donc, chers amis postulants, que chaque candidature est soumise à un collège "d'experts", soucieux de donner une certaine
cohérence à un ensemble malgré tout hétéroclyte...
Je me réserve juste le droit de shooter direct des blogs qui n'ont visiblement pour seul objectif que d'avoir le maximum de visibilité en
adhérant à toutes les communautés possibles et imaginables.
L'examen des candidatures peut prendre un certain temps, aussi merci de bien vouloir patienter.
Le souci, c'est que quand votre candidature n'est pas retenue, vous n'en savez rien, parce qu'over-blog n'a pas prévu cette
hypothèse!
Aussi, ne vous vexez pas si vous n'êtes pas retenus, et n'hésitez pas à à tenter votre chance ailleurs, là où peut-être votre blog correspond
mieux à l'ambiance locale!
Inutile de recandidater plusieurs fois de suite, car comme à Koh-Lanta le jugement du conseil est irrévocable...
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Par Val
Lundi 6 octobre 2008
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08:00
Comme tout un chacun je présume, un rêve m'a obsédée lorsque j'étais enfant, vers l'âge de 10 ans pour être
plus précise. Toutes les nuits ou presque se répétait le même scénario dans mon esprit tourmenté : le monde s'était intégralement vidé de ses habitants, humains et animaux définitivement rayés de
la carte, à une exception près.
Moi.
Et toutes les nuits me replongeaient dans la même sensation d'abandon, dans cette angoisse de savoir que le
plus déchirant des cris ou le plus étouffé des sanglots ne toucheraient plus personne. Au-delà de ces considérations sentimentales, je me souviens très bien que je tentais de survivre par tous
les moyens, en particulier en m'introduisant dans les supermarchés, hangars glacials plongés dans un silence assourdissant. Quel gamin n'a pas rêvé de se laisser enfermer une nuit dans un grand
magasin pour pouvoir y faire tout ce qui lui passe par la tête? En l'occurence, passé le plaisir de jouer avec tout ce qui me tombait sous la main je me souviens très bien de mon souci permanent
de trouver de la nourriture qui soit encore comestible. En particulier je scrutais les dates limites de consommation des boîtes de conserves, angoissée à l'idée que bientôt ces dates seraient
derrière moi. Que me resterait-il alors pour vivre?
Comme vous le voyez à 10 ans mes angoisses et les réflexions qui en découlaient étaient assez limitées, mais
malgré tout marquantes, puisque 20 ans après elles sommeillent toujours en moi.
En ouvrant "La route" de Cormac McCarthy j'ai eu la sensation vertigineuse de
retrouver ce rêve, raconté par un autre.
Certes, je n'étais plus le personnage principal, mais l'identification au héros et à son fils s'est faite
immédiatement, tant le propos a raisonné en moi.
L'histoire tient en peu de choses : pour une raison qui ne nous est pas donnée, la terre a été ravagée,
incendiée, vidée de la plupart de ses habitants. Le froid s'est abattu et menace ce qui reste de vie. Un homme et son jeune fils se retrouvent sur la route, fuyant vers le sud pour tenter
d'échapper aux intempéries et à la mort.
Ce livre a reçu le prix Pulitzer (remis en d'autres temps à Hemingway, Steinbeck, Kennedy Toole ou Toni
Morrison...) et je comprends maintenant pourquoi.
Dépouillé, limpide, il décrit l'humanité dans ce qu'elle a de plus fragile et touche du doigt ses limites. La
force du livre c'est que chacun peut se retrouver dans ces deux personnages, "l'homme" et "le petit", dont tout ce qui reste de leur vie est entassé dans un caddie brinquebalant qu'ils poussent
sur des routes d'Amérique livrées à la horde des survivants, luttant tous les deux pour ne pas renier leur humanité (vous n'oublierez pas cette supplique du petit garçon à son père "on ne mangera
personne, nous papa?".
La question qui hante le livre est : à quoi bon vivre quand on sait qu'il n'y a plus d'avenir?
Le héros s'accroche, lutte, multiplie les ruses et stratagèmes pour se maintenir en vie et surtout protéger son
fils. La mère de l'enfant a préféré perdre la vie que d'attendre une mort inéluctable. Lui a décidé de se battre, poussé par une force insensée : l'espoir.
Ce livre est sombre, grave, mais surtout profondément humain. Derrière chaque démonstration de barbarie se
cache une lueur de compassion, la flamme vacillante d'un espoir ténu que demain peut-être les choses iront mieux.
Le rythme de l'histoire est particulièrement efficace, alternant réflexions angoissées sur les contingences
matérielles inhérentes à la condition de survivant (et l'on relèvera pour l'anecdote que le héros examine avec angoisse les dates de péremption des quelques boîtes de conserve qu'il découvre au
milieu des ruines...) et les questions philosophiques suscitées par le chaos ambiant.
Je vous invite chaleureusement à découvrir ce grand livre, qui vient de trouver une place de choix dans ma
bibliothèque, et je vous laisse parce que j'ai quelques courses à faire, au cas où...
Publié dans : la bibliothèque
10
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Par Val
Dimanche 5 octobre 2008
7
05
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10:01
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