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Le mot du proprio

Photo-3.jpgPuisqu’il fallait trouver un concept, j’ai retenu celui de l’appartement, avec ses multiples pièces correspondant à autant de thématiques. J’aurais pu choisir les étagères d’un frigo, les pièces d’une voiture ou encore les couleurs de l’arc en ciel, mais bon, il fallait bien que je me décide. Evidemment, comme toutes les règles (ou presque) sont faites pour être transgressées,  je me réserve le droit de chambouler toute cette belle organisation et de vous parler bûche de Noêl et foie gras dans la salle de bain ou sexe dans la cuisine.

Mais on peut aussi parler cuisine dans la cuisine.
Damned!

Mais je n'ai presque rien écrit dans la rubrique "cuisine".
Je m'en vais de ce pas réparer cet oubli, que dis-je cette négligence, et vous proposer ma recette de la tarte aux pommes, celle qui vous fera oublier toutes les autres et suscitera chez vos invités une admiration sans bornes pour vos compétences gastronomiques...

- Peler 4 ou 5 pommes (des vraies genre idared ou roscoff, pas des golden en carton) ;
- Les couper en quartier puis en tranches fines ;
- Etaler une pâte brisée dans un plat à tarte (je vous donne pas la recette, vous ferez comme moi, vous demanderez à monsieur Marie) ;
- Dans un saladier battre à la fourchette 2 oeufs, 2 cueillerées à soupe de crème fraîche (généreuses...) et 100g de sucre ;
- Répartir les pommes sur la pâte brisée et recouvrir avec la préparation (sans lâcher le saladier) ;
- Enfourner à 180-200°C ;
- Laisser cuire environ 40 minutes (plus si votre four fatigue) jusqu'à ce que le dessus de la tarte dore.

Et voilà! maintenant vous pouvez vous brûler les doigts pour la goûter!

ça vous plaît? c'est vous qui l'avait fait!


publié dans : la cuisine recommander
commentaires (9)    par Val
Mercredi 18 juin 2008
Plus le temps passe, plus j'apprécie les week-ends en province, en particulier en Normandie, ma terre natale.
En contre-partie j'apprécie de moins en moins les retours sur Paris...
J'ai, comme beaucoup, le cul entre deux chaises, provinciale de naissance et parisienne d'adoption, volontairement qui plus est, la pire des espèces.
Si je me trouve en province je suis "la parisienne", et dès que je m'adresse à un parigot pure souche (le parisianus diplodocus, animal rare mais fascinant à étudier), j'enfile illico mon costume de gentille fille montée de sa campagne.

Il faut bien comprendre que pour un Parisien, être né en province veut forcément dire que votre mère a accouché dans une étable, assistée maladroitement d'un médecin de campagne à grosses bretelles qui passait son temps à envoyer tout le monde faire bouillir de l'eau, sans qu'on ait jamais vraiment su à quoi toute cette flotte était destinée. Enfant solidement planté dans vos deux sabots, vous ne craigniez ni le froid ni la faim, aidé en cela par votre aptitude innée à la traite des vaches et à l'éviscération des poulets. Votre télévision en noir et blanc suscitait la convoitise des voisins collés aux carreaux de votre modeste chaumière les soirs d'Interville, quand vous aviez la chance d'en avoir (des carreaux, pas des voisins). Le Parisien est convaincu que vous avez pu tracer votre chemin grâce à l'école républicaine et surtout au premier de ses serviteurs, j'ai nommé l'instituteur de la classe unique de votre village de 200 âmes...
De son côté le provincial n'est pas en reste, puisqu'il colle aux fesses du "gars de la capitale" un nombre d'étiquettes telement élevé qu'une vie entière ne lui suffirait pas pour en venir à bout :  le  parisien  pète toujours plus haut que son cul, alors qu'il est ignare en tout, surtout en sport (les résultats du PSG abondent plutôt dans ce sens). Après avoir usé ses culottes courtes dans les rues de Belleville où l'accent du Titi s'est définitivement collé entre ses molaires, le parigot a forcément fait ses études à la Sorbonne, refaisant le monde entre deux cours sur les banquettes de "la Coupole". Une fois adulte, le parisien intégre une grande société dans laquelle on lui attribue un grand bureau avec vue panoramique et moquette moelleuse, ainsi qu'une petite secrétaire qu'il culbute allégrement en proférant les pires insanités à son oreille. Le jour où la petite secrétaire tombe enceinte il l'épouse et après l'avoir installée avec sa descendance dans un hôtel particulier de 23 pièces il lui fait la surprise d'acheter une résidence secondaire dans laquelle ils se rendent à chaques vacances scolaires, trop heureux d'étaler à la face des bouseux du coin l'indécence de leur condition et les chromes rutilants d'une berline payée à crédit, le parisien ne sachant pas vivre autrement qu'au-dessus de ses moyens....
On le voit, bien des choses différencient ceux qui vivent de part et d'autre du périphérique (oui, pour le parisien Vincennes c'est déjà la campagne...), pourtant une idée fait l'unanimité : tous sont d'accord pour dire que c'est l'AUTRE qui ne sait pas conduire.

Tout ça pour vous dire qu'en ce moment ma fibre provinciale est particulièrement sensible....
J'ai des envies de chlorophylle à portée de main, de grand air, d'horizon dégagé, de journées de travail plus tranquilles, de trajets d'un quart d'heure pour aller bosser, de voisins que je reconnaisse et réciproquement, d'un je-ne-sais-quoi d'humanité dans les rapports humains....
J'en ai ma claque de respirer un air aussi pur qu'au fin fond de la mine de Germinal, plein le dos des transports, des crétins stressés plus tendus qu'un string de culturiste, d'un boulot qui m'ennuie, mais qui m'ennuie...

Et ben t'as qu'à déménager, patate, me direz-vous fort à propos.

C'est vrai, mais il y a un hic : je vis avec une parisienne.

C'est pas gagné...mais j'y travaille.
publié dans : par la fenêtre recommander
commentaires (14)    par Val
Mardi 17 juin 2008
Aujourd'hui c'est samedi, alors si jamais il vous prenait l'envie d'aller vous déhancher en boîte ou de vous trémousser au beau milieu de la piste de danse au mariage de votre cousin Jacky, regardez ce qui suit.

Au choix :

1) Vous allez apprendre des trucs pour flamber ce soir
2) Vous allez vous sentir parfaitement décomplexé
3) Vous allez vous marrer

Dans tous les cas n'oubliez ps le chapeau ce soir, car c'est l'accessoire qui fait tout!



YEEEEAPEAH!!!!!!!!
publié dans : Le dehors du dedans recommander
commentaires (9)    par Val
Samedi 14 juin 2008
Evidemment, pour porter un avis complet et sûrement plus légitime sur les nouvelles mythologies, rédigées sous la direction de Jérôme Garcin, j'aurais sans doute du me fendre de la lecture des mythologies de Roland Barthes, de 1957.
Je commence donc cet article par de plates excuses étalées devant toi, ô mon lectorat bien aimé, telles un tapis de roses fraîches déposées à tes pieds souverains.



Je peux, malgré tout, vous faire part de mon sentiment, mon vécu du ressenti de l'intérieur de moi, après avoir refermé ces quelques pages avec toute la précaution d'un Merlin bicentenaire refermant son grimoire.

Distrayant.
Voilà ce qu'il ressort de ma balade parmi ces nouvelles mythologies.
Distrayant. Rien de plus, rien de moins.
Evidemment si j'en avais attendu un essai sérieux sur la propension de notre société individualo-mercantile à se créer des besoins aussi ridicules que vains, je serais déçue.
Heureusement pour moi, ce n'était pas mon objectif.

Le 50ème anniversaire du livre de Barthes a été le prétexte déclencheur de ce petit bouquin sympathique, agréable la plupart du temps, mais trop souvent paresseux.
Je m'explique : Jérôme Garcin n'a pas écrit ce livre, il en a dirigé la rédaction. En gros ça veut dire que c'est lui qui a passé commande des différents articles auprès des penseurs de notre temps (dans un sens très large...) et qui les a sans doute reçus par la Poste avant de les amener jusqu'aux portes du Seuil (jeu de mot navrant dont malheureusement pour vous je crains de ne jamais me lasser).
Plus de cinquante auteurs ont accepté de collaborer à ce projet, et ont rédigé, chacun à leur manière, un article sur un sujet propre à notre époque. L'ensemble est particulièrement hétéroclyte, ce qui fait dire à la quatrième de couverture (façon de parler, puisque bien sûr elle ne parle pas, justement) que l'"on ouvre le bazar des années 2000."
L'image est tout à fait juste : on passe d'un article sur Kate Moss à un micro-essai sur le déclinisme. Vous trouverez au rayon nouvelles technologies : le SMS, le WIFI, Google, le blog, etc... A l'étage économie de ce grand bazar qui n'est pas à l'hôtel de ville (je suis décidément très en forme) vous trouverez : le commerce équitable, la capsule Nespresso, le phénomène Ducasse, la délocalisation, etc.
Le principe est amusant, vous en conviendrez (arrêtez de rire, vous en faîtes trop) mais pour aboutir à une vraie réussite, me semble-t-il, il aurait fallu soit traiter 3 fois moins de sujets, soit accoucher d'un livre trois fois plus gros.
Certains articles tiennent à peine sur 2 pages, alors que le sujet en aurait mérité beaucoup plus. Le chapitre sur le blog en est un bon exemple.
On a vraiment le sentiment que certains auteurs n'ont pas cassé leur pointe de Mont-Blanc en cherchant l'inspiration : il est clair qu'ils ont expédié leur ouvrage, motivés par le seul souhait "d'en être" (Beigbeder pour ne pas le citer). Pas très sympa pour le lecteur qui, à certains moments, se demande si on ne moque pas un tout petit peu de sa pomme.
Heureusement ces passages paresseux sont effacés par plusieurs pépites et autres perles de lecture...(Pascal Bruckner sur "la nouvelle Eve" ou Nicolas Baverez sur "le plombier polonais", et aussi Georges Vigarello sur "Parce que je le vaux bien" par exemple).

Comme le bon vin je pense que ce millésime gagnera à être conservé au frais pendant quelques temps, pour se bonifier et prendre un peu de densité.
Le lire aujourd'hui c'est s'amuser des tics et tocs de nos contemporains, le relire dans vingt ou trente ans avec la nouvelle génération sera sans aucun doute le prétexte donné à des discussions passionnantes.
On jettera alors un regard amusé et tendre sur le début des années 2000, en se rappelant d'un coup que les femmes se promenaient toujours avec "un grand cabas de fille", que les hommes (et pas qu'eux) s'émouvaient devant "le corps nu d'Emmanuelle Béart" sortant de l'eau sur la couverture de ELLE et que partout on pouvait lire "Fumer tue"...

Dommage que Barthes n'ait pas pu nous raconter tout ça.
publié dans : la bibliothèque recommander
commentaires (1)    par Val
Vendredi 13 juin 2008
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