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Le mot du proprio

Photo-3.jpgPuisqu’il fallait trouver un concept, j’ai retenu celui de l’appartement, avec ses multiples pièces correspondant à autant de thématiques. J’aurais pu choisir les étagères d’un frigo, les pièces d’une voiture ou encore les couleurs de l’arc en ciel, mais bon, il fallait bien que je me décide. Evidemment, comme toutes les règles (ou presque) sont faites pour être transgressées,  je me réserve le droit de chambouler toute cette belle organisation et de vous parler bûche de Noêl et foie gras dans la salle de bain ou sexe dans la cuisine.

Mais on peut aussi parler cuisine dans la cuisine.
Comment sait-on que c'est l'été à Paris?

Ah bien sûr, on retrouve avec plaisir les jolies filles en jupes courtes attablées aux terrasses des cafés, leurs lunettes D&G vissées sur le crâne (quelqu'un osera-t-il leur dire un jour que les lunettes se positionnent sur l'arête nasale, pour une meilleure efficacité?), on agite avec plaisir ses petits orteils, privés de lumière pendant de longs mois d'hiver, entre les lanières de ses tongs, on hésite chaque matin entre mettre une veste et braver la fraîcheur matinale, on n'oublie surtout pas sa bouteille d'eau pour téter dans le métro, surtout quand il est aérien, on va plus souvent que d'habitude taper la discute avec ses collègues parce que "non vraiment, bosser par un temps pareil c'est pas humain"...

En un mot on s'adapte aux nouvelles conditions climatiques.
Enfin presque.

Presque, ça veut dire pas tout à fait.
Ben oui, parce que, à Paris sans doute plus qu'ailleurs (en france, parce qu'on est encore loin de Mexico, faut pas pousser, plus le ciel est dégagé, plus la pollution, poison des temps modernes qui aime tant s'acharner sur le citadin, se fait sentir (dans tous les sens du terme).
Lègère à forte difficulté à respirer, pores de la peau encrassés (faîtes le test : passez-vous du démaquillant sur la peau alors même que vous ne vous êtes pas tartinée au fond de teint...spectaculaire!), bronches encombrées (on ne peut quand même pas se réfugier derrière le froid, hein...), pédaleurs de vélib' à bout de souffle même dans les descentes, dur de ne pas s'en rendre compte.

Mais qui donc est le fautif, l'ignoble salaud qui s'en prend aux victimes innocentes que nous sommes? Ben nous, justement.
Tu roules, tu pollues. Tu allumes la lumière, tu pollues. Tu fais tes courses sans faire gaffe aux emballages, tu pollues. Tu laisses ton chien chier n'importe où, il pollue et tu es un con. Tu pollues, tu tousses. Point barre.

Et si tu veux savoir quel ignoble saloupiot tu fais, je te conseille vivement d'aller faire un tour sur
ce site et de calculer, très simplement, ta facture énergétique globale. Evidemment, ça calme, limite ça glace, mais ça remplace toutes les campagnes possibles et imaginables sur la lutte contre le gaspillage et autres démarches culpabilisantes.

J'men vais vider ma poubelle de tri, maintenant que je sais
 
publié dans : Le dehors du dedans recommander
commentaires (12)    par Val
Jeudi 26 juin 2008
Quand on est un lecteur plutôt assidu, c'est à dire quand on lit dans l'année plus qu'une biographie de Michel Sardou au mois d'août sur le sable chaud de Palavas-les-flots, on a parfois du mal en fin d'année à se rappeler de ses lectures.
C'est particulièrement vrai pour moi, qui ai déjà du mal à me souvenir de mon nom.
Et bien je sais qu'en décembre, quand je ferai mon bilan littéraire annuel (qui n'intéresse que moi, nous sommes bien d'accord), je n'oublierai pas les pantoufles du samouraï de Patrick Cauvin. C'est le genre de petite bombe qui éclate bien volontiers dans vos mains de lecteur kamikaze, toujours prêt à mourir pour un bon livre.



Si vous avez eu un jour treize ans, ce qui est très probable compte tenu du morpho-type standard du visiteur moyen de mon blog (oui, oui, je vous vois, là. ça vous va bien ce bronzage d'ailleurs), vous connaissez forcément Patrick Cauvin, parce que vous avez lu E=Mc2 mon amour. Si ce n'est pas le cas reculez de trois cases et rattrapez votre retard. c'est plus qu'un conseil, plus qu'une invite franche et cordiale, une prière.

Les pantoufles du samouraï c'est, dans les grandes lignes, le journal intime d'un vieux schnock de 84 ans qui se décide tout à coup à raconter sa vie, lui qui n'a jamais rien écrit depuis 40 ans, époque à laquelle il expédiait quelques cartes postales sans intérêt depuis Palavas-les-Flots.

Décidément, Palavas est à l'honneur.
Faîtes-moi penser à parler de la Grande Motte un de ces quatre, sinon il va y avoir des jaloux.

Mais qu'est-ce qui peut bien arriver à un vieux de 84 ans qui soit si passionnant qu'il le pousse à écrire?
Et bien pas grand chose justement.
Et c'est ce qui rend ce bouquin aussi hilarant que tendre, aussi surprenant, aussi rafraîchissant.
Il faut l'écouter, le lire plutôt, ce prof momifié qui vous raconte ses petites manies, ses péripéties du jour (les expéditions à l'épicerie, inoubliables), qui vous décrit ses rencontres avec ses anciens élèves, tous devenus à ses yeux, ou presque, des cons.
Les deux ou trois relations qui égaient très épisodiquement une vie faîte de solitude et d'attente, mais pas forcément d'ennui.
La théorie du complot à la sauce gériatrique.

C'est drôle, c'est divinement bien écrit et d'autant plus touchant que le vieux bonhomme s'adresse à nous, lecteurs hypothétiques d'un journal de bord maladroit, truffé de digressions savoureuses.
Patrick Cauvin n'est pas un bleu, et en dépit d'un récit qui peut a priori sembler bordélique, tout est bien rangé, à sa place.
Le discours ne se perd pas, et le propos reste clair.


Régalez-vous cet été en dégustant ce petit bijou d'humour tendre, sur la plage de Palavas-les-Flots ou ailleurs.

A la Grande Motte?
publié dans : la bibliothèque recommander
commentaires (9)    par Val
Mardi 24 juin 2008
Dimanche, 16h25.

Je lutte contre une puissante envie de piquer un roupillon, les doigts croisés sur mon bedon rebondi chargé de chipolatas parfumées au rosé, pour vous raconter en long, en large et dans le derrière (ah mince, l'influence collective commence à me gagner...) la journée d'hier.

Ainsi donc, comme convenu, a eu lieu samedi 21 juin de l'an de grâce 2008 un évènement sensationnel, exceptionnel, unique, de ceux qui marquent l'histoire de l'humanité et font avancer la science (mais on préfère ne pas savoir quelle discipline).
- L'été? Pffffff... mais non, ça ça revient tous les ans, pas de quoi grimper aux arbres.
- La fête de la musique? Meuh non, ça c'est bon pour les clampins musicos amateurs qui adorent, une fois dans l'année, jouer du tromblon sous les fenêtres de leurs voisins sans risquer de se faire embarquer par les flics. Aucun mérite.
- La fête de la bière? Meuh n...Ah ben vous brûlez là, mais c'est pas tout à fait ça.

Non, hier avait lieu la cérémonie d'intronisation des membres fondateurs de la communauté de l'âne Ô...Une cérémonie ésotérique, dont chaque étape avait fait l'objet d'une préparation minutieuse, quasi professionelle.
Après le rassemblement de l'équipage sur la pelouse de la Reine, à proximité du château de Vincennes, la cérémonie a pu commencer.

Les impétrants étaient au nombre de 12.
Avaient répondu à l'appel : Le Levraoueger, Carine, Charles-Marie, Mary-Bee, Eurêka, Dan, MaB, Kanou, l'Emmerdeuse et ma pomme (sans oublier Poupon la Peste). Ont rejoint ensuite le groupe : Zeste et L. Etait excusée le Vieux Félin, retenue à la maison par un héritier décidément très contrariant, bien décidé à faire chier sa mère alors même que se profilait pour elle une pure journée de fête après des mois de sacrifices au profit de ce souilleur de couches (je pense avoir restitué assez fidèlement l'esprit de notre chat favori). Frida, en dépit d'incantations nombreuses accompagnées de danses enfièvrées autour d'un chêne n'a pas fait d'apparition (moi qui n'avais organisé tout ce barnum que pour avoir enfin l'occasion de la rencontrer, les boules....Mais bon, n'en dîtes rien aux autres, ils pourraient se vexer). Frida, si tu lis cet article, tape 3 fois sur ton clavier pour te manifester.

Vers midi donc, la cérémonie a pu commencer, selon le programme suivant :
1) la banane de feu tu avaleras
Charles-Marie, en charge de cette première étape sur le chemin de la révélation anônesque, avait concocté au fond de ses marmites de sorcier un breuvage étrange à base de vodka et de banane haribo dont l'objectif était de susciter une cohésion immédiate entre les membres du groupe. L'élixir, d'une consistance proche de la nitro-glycérine, a eu l'effet escompté :  Tout le monde a senti une longue langue de feu descendre dans ses entrailles et chacun  a vu soudain un nombre incalculable de petites étoiles de couleur apparaître subrepticement dans ses yeux, première étape sans doute vers la vision colective d'un monde meilleur... Depuis Charles-Marie a gangé le titre de chaman de la communauté, un titre aussi envié que frère portier chez les bénédictins, c'est dire.

2) Tes chips dans le vinaigre tu tremperas
Afin de mettre à l'épreuve la résistance des aspirants ânons, un défi redoutable les attendait : ils ont du se partager un paquet de chips au vinaigre en faisant semblant d'aimer ça, avec interdiction formel d'aller vomir derrière un buisson.
Je dois dire que mes camarades ont relevé le défi avec une classe sans pareil.
Evidemment il aurait fallu penser au Maalox, on fera mieux la prochaine fois...

3) De la cervoise ton breuvage tu feras
Les deux premières épreuves avaient d'emblée soudé les membres du groupe, embarqué dans une galère véritable aventure, qui avait surtout eu jusqu'à présent pour effet de leur brûler l'oesophage et de les inciter à s'inscrire sur la liste des patients en attente d'un don d'organe, si tant est qu'on puisse greffer des estomacs.
Après toutes ces émotions, et sous un soleil radieux, un rafraîchissement s'imposait.
Plusieurs choix s'offraient à nos joyeux convives : du coca, du schweppes, de l'eau, du rosé et de la bière. Derrière ce choix apparemment innocent se cachait une redoutable épreuve : il s'agissait de débusquer le buveur d'eau potentiel, celui qui ruinerait la belle harmonie d'une communauté naissante, très portée sur la beuverie convivialité.
Nous avons vite été rassurés. Le coca, le schweppes et l'eau sont restés quasiment intacts, en revanche on a pu très vite jouer "el condor pasa" en soufflant dans des bouteilles, et en canon s'il vous plaît.

4) dans les bois te soulager tu iras
Une épreuve en appelant une autre, la descente en rafting de litres de bière a eu pour effet de gonfler comme des outres les vessies des ânons qui, livrés à eux-mêmes en milieu quasi champêtre, n'avaient d'autre choix que de trouver chacun à leur tour un arbre avec lequel communier, tout en se préservant des promeneurs nombreux et souvent accompagnés de canidés avides de mordre la première paire de fesses dépassant d'un bosquet, ou toute autre partie de l'anatomie se trouvant par paires.
Après plusieurs essais infructueux (le bosquet le plus proche étant habité d'un camp  de SDF endormis, sans doute peu désireux que l'on vint se soulager à leur porte), chacun des membres fondateurs a pu satisfaire au premier des besoins, retrouvant un sourire disparu avec les premiers tiraillements de son système urinaire.

5) La pizza avec tes compagnons tu partageras
Après une après-midi d'intense activité...cérébrale, la joyeuse bande n'était pas d'humeur à se séparer. Charles-Marie, appellé à pousser la chansonnette le soir-même et Dan, parti chasser l'éléphant à Versailles (c'est une longue histoire...), étaient cepandant partis de leur côté un peu plus tôt.
Après quelques minutes passées à rechercher ma voiture sur le parking (je suis sûre que quelqu'un l'avait déplacée), je menais un convoi de 3 véhicules vers le Nid Douillet, repaire légendaire de l'Emmerdeuse et de sa moitié d'orange, mézigue.
Les chips au vinaigre ne suscitant plus l'enthousiasme initial, il convenait de changer de régime alimentaire. Très éloignés de préoccupations du type "5 fruits et légumes par jour sinon tu crèveras dans d'atroces souffrances et par ta faute les maraîchers français déposeront le bilan", nous passâmes commande de 3 pizzas dont le contenu exact ne nous fut jamais révélé : nous dévorâmes la "Bronx" en croyant goûter la "végétarienne", sûrs de ne pas confondre avec la "méditerranéenne". Grossière erreur! Si le livreur n'avait pas été si grand et si costaud nous l'aurions rappelé pour l'insulter, seulement voilà...l'âne est un animal intelligent mais pas forcément très courageux.
Après moultes apéros et bières qui me vaudront de remplir à moi seule le container à bouteilles du bout de la rue, se sont succédées des discussions passionnantes sur des sujets aussi variés que "peut-on vomir la tête en bas" ou "les chats ont-ils conscience de péter" et les fous rires suscités par des remarques anodines proférées par des éponges à destination d'un auditoir plus imbibé qu'un buvard de collégien.

Plus tard dans la nuit, chacun reprit sa route (chacun son chemin, lalala), heureux je crois d'avoir passé une journée très spéciale, fruit de la rencontre de personnalités très différentes mais comme attirées les unes par les autres.
Les ânons sont très différents les uns des autres et pourtant, lorsqu'ils sont en troupeau, se dégage une belle harmonie.

Une sorte de cohésion dans le 3ème degré, un intérêt commun porté à la vie d'autrui (façon "national geographic" plutôt que "Closer", hein, faut pas pousser!), une bonne dose d'autodérision qui les unit et puis surtout, surtout...

Une vraie passion pour la bière.

Très bientôt sera créée officiellement sur over-blog la communauté de l'âne Ô, et nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.
Pour tout blogueur qui souhaiterait s'adresser à la communauté, l'adresse mail communautedelaneo@free.fr reste valide.

Afin de vous faire partager, d'une certaine façon, cette belle rencontre, je vous propose un jeu crétin qui ne vous rapportera rien, sinonla satisfaction d'avoir enfin réussi quelquechose (ah, ah je plaisante, hé ho!).

Saurez-vous reconnaître qui est qui sur la photo ci-dessous?
Les personnages sont numérotés de 1 à  9 en commençant par la gauche.



Quelques indices pour vous aider :

1) Dan et Charles-Marie étaient déjà partis au moment de la photo
2) Les filles étaient en pantalon, et Bertrand n'est pas une fille
3) Je ne suis pas sur la photo, et pour cause c'est moi qui la prend
4) L'emmerdeuse vous dit "fuck you" et vous ne réagissez même pas?!!
5) la plus blonde (sur le plan capillaire) s'appelle Carine
6) Eurêka, qui n'est pas blonde, est à droite de Carine
7) Mary-bee était aux couleurs de Saint-Etienne
8) Mary-bee aurait pu mettre une main aux fesses de Zeste, mais elle ne l'a pas fait
9) L, qui était à côté de Zeste, aurait pu coller un cou de coude dans la tête de l'emmerdeuse, mais elle ne l'a pas fait
10) MaB et Kanou fermaient la marche, et le bras gauche de MaB était en grève

A vous de jouer!










publié dans : Le dehors du dedans recommander
commentaires (32)    par Val
Dimanche 22 juin 2008
Hier était un jour particulier au travail, puisque justement, on ne travaillait pas.

Beau métier que le mien, hein? Même si personne ne comprend jamais très bien ce que je fais, moi la première.
Habillés "sportswear" (notion vague excluant tout ce qui ressemble de près ou de loin à un costard cravate ou à un tailleur), nous avons embarqué à 8h dans des bus pour rejoindre en forêt de Fontainebleau les premiers d'entre nous, partis en éclaireurs à 7h.

Mais, l'estomac noué par l'angoisse, le regard interloqué et la lèvre mordue jusqu'au sang, sans doute
allez-vous me demander pourquoi ils étaient partis à 7h plutôt qu'à 8h?
Parce qu'ils appartenaient, au sein de la direction, à la catégorie ô combien respectable et respectée des sportifs. Or, les sportifs allaient se trouver sollicités toute la matinée pour participer, au nom de leur bureau, à  un certain nombre de tournois dans différentes disciplines et devaient par conséquent se soumettre à un échauffement sérieux avant de débuter.
Mon bureau étant essentiellement constitué de planqués qui fuient toute opération dite " de cohésion" et se réfugient ces jours-là derrière l'excuse d'une réunion improbable dans laquelle il aurait fallu en temps normal les traîner par les cheveux pour ne pas se joindre aux réjouissances, nous n'avions qu'une ambassadrice parmi les sportifs (pour un bureau de 25, c'est assez modeste. Moi je verrai l'année prochaine...). Nous aurions du être 9 à grimper à bord du bus des ramollis des biceps, mais l'une a déclaré forfait because problème de crèche et un autre (nous l'appellerons monsieur Schmidt) ne s'est pas réveillé...
Vers 9h30 nous sommes arrivés sur site (un endroit presque top secret mais pas vraiment, en tout cas  fermé au commun des mortels. Ce qui valait sans doute mieux, car je ne suis pas sûre que le premier randonneur venu aurait bien compris tout ce qui allait suivre...) et nous avons pu contempler les athlètes en plein effort. Evidemment, à 10h00 deux zigues étaient déjà partis à l'hôpital après avoir passé quatre minutes sur le terrain de rugby. Des équipes mixtes jouaient à la pétanque (doublette et triplette, pour les puristes). Les boulistes, on les reconnaît facilement, ce sont ceux qui ne ressemblent pas à des sportifs. La plupart ont un survêt' qui leur arrive au-dessus de la cheville, n'ayant pas eu l'occasion de l'enfiler depuis 10 ans et autant de kilos en arrière. Certains jouaient à une sorte de balle au prisonnier avec un freesbee, d'autres nageaient 5km dans une piscine qui avait du être inaugurée par Jeanne Calment le jour de ses noces et d'autres enfin couraient comme des lapins fous à travers les bois pour trouver des balises, sortes de boites en carton coloré. Au début je croyais qu'ils avaient la courante et qu'on avait planqué le PQ dans des boîtes pour les chambrer, mais on m'a expliqué qu'en fait il s'agissait d'une course d'orientation...
De notre côté nous avons tranquillement fait une randonnée d'1h30 en forêt, de quoi nous décrasser les poumons et aiguiser notre appétit.
De retour sur le site des réjouissances l'heure n'était pas encore à la ripaille, mais à la remise des trophées et au discours de notre vénéré directeur.
En raison du devoir de réserve qui s'impose à moi, je ne m'étendrais pas sur la tenue (vestimentaire) de mon bien-aimé directeur. J'aurais pu vous parler de son micro-short en satinette de marathonien (ceux qui n'obligent pas à porter un slip), tenue surprenante pour un type arrivant directement de son bureau parisien, de son oreillette bluetooth vissée à l'oreille gauche (allo Houston?) et de ses lunettes Matrix. J'aurais pu, mais comme je vous l'ai dit, mon devoir de réserve m'interdit de vous dire qu'il était ridicule et ressemblait à un sosie raté de l'inspecteur Harry en tenue pour tondre la pelouse autour de son mobil-home.
Après ce passionnant discours interminable et soporifique qui a ravivé en chacun de nous la flamme qui nous anime chaque matin pour accomplir la tâche qui nous incombe au service de la patrie, nous nous sommes précipités comme des brutes sur les apéros.
Peu de temps avant monsieur Schmidt nous avait rejoint, ayant pris le train depuis Paris puis un taxi, l'essentiel étant pour lui de ne rien rater du repas.
Repas rustique consistant en un barbecue géant (une vingtaine de demi-fûts remplis ras-la-gueule de braises plus rouges que l'enfer) arrosé au cubi de rosé.
Mon chef nous a fait une sorte de danse de la saint-guy autour de notre barbecue en nous traitant d'incapables parce qu'on avait mis trop vite les saucisses sur la grille...
Bilan des courses la moitié de la barbaque carbonisée et mon chef au bord de l'apoplexie.
On a évité le drame et on a quand même réussi à manger à notre faim (concept variable oscillant de une saucisse pour une de mes collègue à huit saucisses et trois brochettes pour monsieur Schmidt, qu'il a allègrement poussées au fond de son gosier à l'aide d'un quart de brie, d'une banane et d'une part de tarte aux pommes).
Le ventre plein et les joues rouges nous avons regagné les bus et nous sommes effondrés en silence, rêvassant vaguement en repensant à cette journée finalement pas si mal.

Monsieur Schmidt, lui, ronflait au premier rang derrière le chauffeur, rêvant à cette neuvième saucisse que jamais il ne trouva...
publié dans : le bureau recommander
commentaires (5)    par Val
Jeudi 19 juin 2008
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