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Le mot du proprio

Photo-3.jpgPuisqu’il fallait trouver un concept, j’ai retenu celui de l’appartement, avec ses multiples pièces correspondant à autant de thématiques. J’aurais pu choisir les étagères d’un frigo, les pièces d’une voiture ou encore les couleurs de l’arc en ciel, mais bon, il fallait bien que je me décide. Evidemment, comme toutes les règles (ou presque) sont faites pour être transgressées,  je me réserve le droit de chambouler toute cette belle organisation et de vous parler bûche de Noêl et foie gras dans la salle de bain ou sexe dans la cuisine.

Mais on peut aussi parler cuisine dans la cuisine.
Aujourd'hui ma cousine de 23 ans est venue passer la journée à la maison, accompagnée de sa co-locataire du même âge. C'est toujours un plaisir de les voir, d'une part parce qu'elles sont excessivement sympas, drôles et intelligentes, mais aussi parce qu'elles sont simples et directes. Cash, comme on dit.
A des années lumières des groupies de la TV réalité et autres belettes formatées moulées dans des slim fit tellement slim qu'elles doivent faire un choix entre respirer et manger.

On a discuté de tout et de rien, de leurs études plus ou moins bien engagées (mais plutôt bien que mal, je vous rassure), des mecs (pour ma cousine) et des filles (pour sa coloc) qui leur trottent dans la tête et dans le coeur, ma meuf s'est fait un plaisir de leur faire une démo de GTA4, et on s'est goinfrées de brochettes et de fondant au chocolat. En un mot on a passé un excellent moment.
Et puis, en les observant, hilares  devant la télé, j'ai réalisé à quel point elles sont au début de tout. Rien n'est encore coulé dans le béton pour elles, au plan professionnel comme au plan personnel. Elles respirent la vie et l'espoir par tous les pores, et l'avenir est un tapis rouge qui se déroule chaque matin devant leurs pieds.
Et mon avenir à moi?
Putain, quand je pense que seulement 9 ans nous séparent, je me rends compte à quel point les choix faits à cet âge conditionnent leur existence de demain.
Elles ne le savent pas encore, même si elles s'en doutent...
Je regarde ma vie et je me demande si j'ai encore des choix à faire.
Je suis devenue fonctionnaire parce qu'en fac je suis tombée raide dingue de ma chargée de travaux dirigés en droit consstitutionnel... J'ai voulu l'impressionner en explosant les scores dans sa matière, et j'ai réussi! Le problème c'est qu'elle n'est pas tombée amoureuse de moi pour autant, par contre j'ai mis le cap sur le droit public pour de bon.
Si je ne l'avais pas croisée sur ma route je serais peut-être magistrate, comme je le souhaitais au départ, ou agent immo, comme la plupart de ceux qui calent avant la licence. Allez savoir...
Et si ma correspondante allemande en troisième ne m'avait pas si bien initiée à la langue...de Goethe, est-ce que j'aurais autant craqué pour des brunes toute ma vie?!
J'ai toujours eu l'impression d' avancer, et en même temps de ne pas toujours être là où je devais être. Comme si il y avait eu un malentendu à un moment donné, comme si j'étais montée trop vite ou trop tard dans un train qui n'était pas le mien.
Avant que je rencontre mon Emmerdeuse ces angoisses me mettaient la rate au court-bouillon et je me disais que j'avais tout foiré, même si les apparences pouvaient laisser penser le contraire. Malentendu, je vous dis.
Et puis je l'ai rencontrée et l'ampoule que j'avais au plafond s'est doucement éclairée.
Je me torture moins parce que je suis bien avec elle, je suis à ma place à ses côtés et, comme je lui dis souvent, quand mes journées sont pénibles je tiens bon en pensant que le soir je rentrerai au port, entre ses bras. Une sorte de crique de sable blanc et chaud qui me met à l'abri des tempêtes.
Oui mais voilà, je dois bien lever l'ancre tous les matins et repartir affronter les éléments. J'ai fait des choix dans ma vie qui m'ont menée où je suis,  et qui ont fait de moi une adulte. Parfois je l'avoue, j'aimerais revenir en arrière, avant le temps des "responsabilités". A l'âge de ma cousine ou presque, par souci d'indépendance j'avais quitté ma belle province pour Paris, j'avais un boulot "sérieux" ou j'encadrais des gens qui avaient 2 fois mon âge et je montais mon dossier de prêt à la banque pour acheter mon premier appart'.

Et depuis j'ai l'impression d'avoir couru sans jamais lever le pied pour tenir la cadence. On me dira peut-être que "la cadence" n'est ni plus ni moins qu'un train de vie, et que je suis responsable de mon embourgeoisement manifeste.
C'est vrai. Mais mon confort "petit-bourgeois" je m'en accommode très bien, parce que je sais ce que c'est d'avoir beaucoup moins, et que je n'ai pas envie de prendre l'ascenseur social dans le sens de la descente.
Non, la cadence pour moi c'est ce rythme quotidien infernal qui vous bouffe vos journées et vous rend esclave de votre agenda. Ce sont ces fameuses "responsabilités" qui vous grignottent de l'intérieur : le boulot à rendre, les collègues à encadrer, les transports qui vous mangent deux heures par jour, votre physique que vous entretenez tant bien que mal de peur de la déchéance (c'est un vrai souci pour moi, ne vous marrez pas!), les courses, les traites, les factures, le conseil syndical, la fête de l'école à laquelle vous irez malgré votre réticence quasi reptilienne, etc. J'ai l'impression, non, la conviction, que ma vie est une route rectiligne sur laquelle on me demande de rouler toujours plus vite, alors que moi je n'ai qu'un souhait, m'arrêter sur le bord de la route et regarder le paysage. A MON rythme.
Je ne veux pas tout envoyer péter, parce que j'ai ces fameuses responsabilités qui n'engagent plus seulement ma pomme, mais je veux retrouver de la liberté. De l'air.
Je veux pouvoir encore choisir, et pas seulement subir.

Je vais continuer à aller au bureau tous les matins et à faire consciencieusement quelquechose qui ne m'intéresse pas, mais je vais travailler à mon changement de cap.
Je veux retrouver un souffle, un élan.

Quand ma cousine et son amie sont parties j'ai attrapé le portable et j'ai tapé une page de ma prochaine nouvelle, d'un jet.

Je veux écrire pour être lue.
Je veux écrire surtout pour être libre.

Parce que si l'écriture ne suffit pas à subvenir aux besoins de ma famille, elle devrait suffire à apporter la paix à mon esprit tourmenté.

Fin du chapitre...
publié dans : le séjour recommander
commentaires (17)    par Val
Dimanche 18 mai 2008


C'est parti...
Vous pouvez vous inscrire pour participer aux réjouissances du 21 juin prochain à l'adresse suivante :

communautedelaneo@free.fr

Merci d'indiquer vos coordonnées, afin que nous puissions vous joindre facilement :

Nom :
Prénom :
mail :
portable (facultatif, mais pourrait s'avérer utile!) :

Je rappelle que cette boîte aux lettres est à votre disposition pour résoudre vos problèmes éventuels d'hébergement, ou au contraire proposer des solutions. Nous nous chargerons de vous mettre en relation, et après vous réglerez vos petites affaires entre vous. Les membres fondateurs de la communauté de l'âne Ô déclinent toute responsabilité quant au comportement des personnes potentiellement hébergées (en clair, si on dévalise votre pot de nutella ou qu'on vous vide votre tube de dentifrice). Mais tenez-nous au courant quand même...Idem pour les hébergés.
On ne sait jamais, des fois qu'un serial killer lirait ces lignes...

Environ 15 jours avant le rendez-vous nous vous indiquerons précisément où se fera le pique-nique (Non ce ne sera pas à Montpellier, n'insistez pas! par contre vous pouvez prendre votre prem's pour Paris, ça c'est béton).

Allez, en avant les bourricots!


publié dans : par la fenêtre recommander
commentaires (21)    par Val
Jeudi 15 mai 2008
Jusqu'à présent j'ai plutôt eu la main heureuse en  rangeant dans la bibliothèque de l'Appartement des livres pour lesquels j'ai eu un véritable coup de coeur ou, à tout le moins, une vraie tendresse.
Parce qu'il faut un début à tout, cette fois j'ai décidé de dégainer mon fusil à fléchettes et de descendre (gentiment, quand même) en flamme un bouquin qui m'a déçu, peut-être parce que j'en attendais trop, allez savoir.

Jean Teulé, dans Le magasin des suicides, nous décrit la vie d'une famille de branques, les Tuvache, dont la particularité est de tenir un commerce spécialisé dans la vente d'articles destinés à permettre à ses clients de mettre fin à leurs jours.
On y trouve aussi bien des mètres de corde que des fioles de poison, des animaux venimeux ou des champignons vénéneux (je vous épargne la litanie des produits disponibles, sinon vous aurez déjà la moitié du livre entre les mains).
Le drame de monsieur et madame Tuvache est que leur fils cadet respire la joie de vivre et n'a qu'un souhait : convaincre tout un chacun que la vie vaut la peine d'être vécue! Vous l'aurez compris l'attitude du gamin est mauvaise pour les affaires, c'est pourquoi ses parents déploieront des trésors d'ingéniosité pour le ramener dans le chemin de la dépression et du chagrin perpétuel.

L'idée, amusante, ne tient malheureusement pas la route tant elle se saborde dans des démonstrations lourdingues, des situations attendues et des personnages plus stéréotypés que Bugs Bunny et le Doc.

Je pensais me perdre avec délice dans les méandres de l'absurde, voire du surréalisme (que les inconditionnels de Boris Vian s'en tiennent à leur idole!) et je ne fais que me noyer dans une copie d'écolier ("élève Jean Teulé, tu me raconteras en 150 pages l'histoire d'une famille qui tient un magasin des suicides. Tu prendras garde à épuiser ton sujet et à ménager un happy end que la Fox, Familles de France et la Bibliothèque verte applaudiront des quatre mains").

L'ensemble est malgré tout bien écrit (je sais, c'est une appréciation qui ne veut rien dire...), ce qui augmente ma frustration!
Je vais donner une deuxième chance à cet auteur à la bouille irrésistible ( vous vous souvenez du grand zigue un peu lunaire qui posait des questions gentilles (boules blanches) et des questions méchantes (boules rouges) dans Nulle part ailleurs il y a quelques années? C'était lui!) et je lirai plus tard Darling, adapté l'an dernier au cinéma.

Un type né à Saint-Lô, dans la Manche, ne peut pas être un mauvais auteur.
Par contre une fille née à Avranches, dans la Manche, pourrait bien avoir porté un jugement hâtif.

Je l'espère.
publié dans : la bibliothèque recommander
commentaires (6)    par Val
Mercredi 14 mai 2008
Transpiration,
Je conchie ton nom

Les auréoles que tu dessines
Sous des aisselles assassines

L'odeur insoutenable
Proche de celle de l'étable
Que tes effluves écoeurantes
Répandent, si entêtante

Me font 100 fois rêver à mon  auto
Aux dépends des joies du métro

Ses voyageurs trempés de sueur
Leurs corps poisseux
Regards haineux
Au bord des lèvres mènent mon coeur

Transpiration,
Putain change de wagon!
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commentaires (10)    par Val
Mercredi 14 mai 2008
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