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Le mot du proprio

Photo-3.jpgPuisqu’il fallait trouver un concept, j’ai retenu celui de l’appartement, avec ses multiples pièces correspondant à autant de thématiques. J’aurais pu choisir les étagères d’un frigo, les pièces d’une voiture ou encore les couleurs de l’arc en ciel, mais bon, il fallait bien que je me décide. Evidemment, comme toutes les règles (ou presque) sont faites pour être transgressées,  je me réserve le droit de chambouler toute cette belle organisation et de vous parler bûche de Noêl et foie gras dans la salle de bain ou sexe dans la cuisine.

Mais on peut aussi parler cuisine dans la cuisine.
Olala qu'il fut bon le week-end! Olala qu'il fut bon le dimanche! Une grasse mat jusqu'à dix heures, un déjeuner en tête à tête, une balade en amoureuses à la BNF François Mitterrand (essayez l'expo permanente sur les globes de Coronelli, c'est plein de coins sombres, héhéhé...) et le visionnage du dernier Indiana Jones, très bon selon nous, et c'est tout ce qui compte!



Bon, mais je ne suis pas là pour vous raconter les tribulations d'Indiana Jones et sa bande, mais les aventures des habitants de la rue de la Sardine, par un tendre jeudi.
La rue de la Sardine c'est avant tout le titre d'un roman de John Steinbeck, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu pour apprécier Tendre jeudi, sous-titré pourtant Rue de la Sardine II.

La Rue de la Sardine est un univers en soi planté dans la petite ville de Monterey, quelquepart aux Etats-Unis, pas très loin de la mer et de ses pieuvres.
Steinbeck plante son décor dans ce coin perdu, habité (dans tous les sens du terme) par une bande de personnages hauts en couleurs, déboussolés par une seconde guerre mondiale qui en a enlevé quelques uns et en a ramené d'autres dans un drôle d'état.

Doc fait partie de cette deuxième catégorie de soldats, bien contents de poser leur valise au pays, après en avoir vu des vertes et des pas mûres de l'autre côté de l'Atlantique. Doc c'est un peu le grand sage de la rue de la Sardine, celui qui est allé à l'Université étudier la biologie. On le respecte, on l'écoute, et surtout on l'aime, dans la rue de la Sardine.
Sitôt rentré du front, il se met en tête de réaliser une étude approfondie de la vie des pieuvres, et de rédiger un article mémorable sur le sujet. Sa manière à lui de passer à autre chose, de tourner une page trop lourde de son histoire trop lourde pour ses épaules.

Oui mais voilà, l'inspiration ne vient pas et Doc souffre de son incapacité à écrire la moindre phrase qui tienne debout. Déprimé, il se renferme sur lui-même et s'isole de ses voisins.

C'est là que le charme irrésistible de Steinbeck opère comme par magie : Ici, comme dans toute son oeuvre, personne ne reste au fond du trou, qu'il soit puissant ou misérable une main secourable viendra toujours tirer vers la lumière celui qui ne croit plus à rien.
Et là c'est une forêt de mains qui va se tendre vers lui : Mack, le vieil ami qui n'oublie pas que Doc a toujours été là pour les autres, Flora la  tenancière du bordel, l'épicier Marie-Joseph et tant et tant de personnages inoubliables, qui vous laissent comme une empreinte de tendresse au fond du coeur quand vous refermez le livre. Avouez qu'il n'y a pas beaucoup de bouquins qui vous font cet effet là!

Toute la bande de la rue de la Sardine va se mettre en tête de  trouver  l'âme soeur de Doc, la belle inconnue qui saura le sortir de sa morosité et lui redonner goût à la vie. Les choses sont d'autant plus faciles que vient d'arriver en ville une certaine Suzy, fuyant la misère mais dotée d'un caractère impossible prompt à dissuader le plus déterminé des prétendants.

Je vous ai dit l'essentiel, pour le reste il ne vous reste plus qu'à ouvrir ces quelques pages  (à peine 200 en poche, le temps d'un trajet de TGV) qui véhiculent quelques idées simples et concepts universels que l'on a parfois tendance à oublier : fraternité, amour, amitié, courage, tendresse.
C'est délicieusement écrit, le maître es simplicité s'est encore surpassé, autant vous dire qu'il a du transpirer abondamment sur sa copie pour en arriver à une telle épure. C'est beau, c'est doux, c'est une caresse pour l'âme et un véritable chant d'optimisme qui traverse vaillamment les décennies.

Et s'il y avait un troisième tome à la Rue de la Sardine?
publié dans : la bibliothèque recommander
commentaires (13)    par Val
Dimanche 1 juin 2008
ENFIN je suis dans ma maison, enfin mon appartement, chez moi quoi.

Pas de bruit, sinon celui produit par le Chat qui broie ses croquettes avec la délicatesse d'un casse-noix qui n'aurait pas été huilé depuis 102 ans.
Je prie intérieurement pour ne pas entendre dans les 3 prochaines minutes les vagissements produits par le même animal à l'occasion d'une régurgitation magistrale sur le tapis.
Pas de cris d'enfant(s), le troll est chez Mère-Grand partie lui porter des galettes et un petit pot de beurre et sa petite camarade qui fabrique des milky-way à la demande est rentrée chez ses parents (voir explications ici).

Tout n'est ici que luxe Ikea-way-of-life, calme et volupté.

Je peux donc sereinement entamer ce qui pourrait bien être pour moi mon dernier article.
Car oui, ami lecteur, je suis au plus mal, terrassée par un mal incidieux dénommé "virus variatus du metrobus" qui m'ôte mes dernières forces minutes après minutes et souffle à chaque instant la flamme qui anime mes yeux et réchauffe ton coeur(si j'en fais trop, vous le dîtes).
Je vais donc coucher ces quelques mots sur l'écran et m'étendre sur le dos, les mains jointes sur ma poitrine, telle un gisant expulsé de la basilique de Saint-Denis pour cause de squatt multi-centenaire, et attendre le retour de l'Emmerdeuse, seule âme pure apte à me ramener à la vie à l'aide d'un baiser délicatement déposé sur mes lèvres brûlantes.

J'en peux plus!!!!

Je ne tousse pas, je braie comme une chèvre.
Je ne me mouche pas, j'active une pompe à incendie.
Je ne renifle pas, j'aspire tout ce qui m'entoure, on va finir par manquer d'air.

Plein le cul je vous dis.

Depuis vendredi que ça dure, et quelquechose me dit que j'ai pas fini.
J'ai le nez comme une pastèque et les yeux tellement explosés façon pandi-panda (petit ourson de Chine, lalala) qu'on croirait que je veux me faire la gueule de Jeanne Mas à la grande époque. Sauf que quand je suis démaquillée, c'est pire.
Je ne dors plus, trop occupée à éternuer et donc à me moucher, et donc à renifler, et donc à me retourner toutes les cinq minutes, et donc à boire, et donc à me lever pour aller pisser, etc.
Et à côté de moi, mon Emmerdeuse, stoïque, ne m'engueule même pas, alors que franchement il y aurait de quoi. Elle dort (un petit peu) et quand j'éternue et qu'elle se réveille (le genre de réveil dont on rêve, façon "debout les morts!!!!") elle me fait un câlin ou des bisous.

Maintenant, ça c'était jusqu'à la nuit dernière.

Peut-être que cette nuit elle va me planter un pic à glace dans le coeur ou tenter de provoquer chez moi une overdose de Biquinol. A moins qu'elle ne me réveille d'un coup de coude dans les côtes à chaque fois que je montrerai un signe d'endormissement...
Dans tous les cas, je n'ai plus de jus, plus de force, et putain on est que mardi!!!!
Et ne me dîtes pas de m'arrêter, c'est im-po-ssi-ble.
Je ne peux pas, c'est plus fort que moi (si vous avez ou avez eu des parents commerçants-qui-ne-s'arrêtent-jamais, vous savez de quoi je parle).
Et puis quand je suis au boulot, j'oublie (un peu) que je suis malade.

Par contre les collègues n'oublient pas de me le rappeler, les salauds.
Je me fais un plaisir d'aller à un max de réunion pour contaminer le plus de gens possible, histoire de me sentir moins seule. Hé, hé, hé. (hier, 130 victimes potentielles, j'ai fait fort).

Je suis odieuse, oui, mais ça me tient debout!
Et puis les virus c'est comme le rire : qu'est-ce que j'y peux si c'est contagieux?
Allez, je m'en vais m'allonger, moi, ma princesse charmante ne va plus tarder...

Les trois minutes sont largement écoulées et le chat n'a pas vomi. quelle belle journée finalement!
publié dans : la salle de bain recommander
commentaires (15)    par Val
Mardi 27 mai 2008
Mais que serions-nous sans les pharmaciens, je vous le demande?

Ces dealers adoubés par la loi qui nous fournissent au grand jour notre dose d'anxiolytiques et autres traitements au long cours, commerçants du mal-être, du mal-vivre et du mal-à-tout déguisés en hommes de science, par le pouvoir ancestral de la blouse blanche.

Ayant rendu les armes après 48h de lutte acharnée contre une angine qui finalement aura eu raison de moi, je suis rentrée cet après-midi au nid douillet, après m'être traînée comme une âme en peine dans le métro, suante et à moitié occie, l'oeil brillant rien qu'à l'idée de l'eskimau au chocolat qui m'attendait dans le congélo et dont la froideur mettrait un terme, au moins temporairement, à l'incendie qui dévorait ma gorge.
Avant de m'effondrer sur mon lit je me suis fait un devoir de faire un crochet par la pharmacie, pour me doter de l'attirail nécessaire à un week-end paisible. Et oui cher lecteur, sache que je ne tombe jamais malade en semaine, seulement le week-end. En fait la semaine je suis malade, et le week-end je tombe. Tout ça est très logique, finalement. De rien la Sécu, tout le plaisir est pour moi.

La main crispée sur ma boîte de pastilles à la sauce antalgique, je pénétrai d'un pas chancelant dans l'officine et me plaçai dans une file d'attente.
La mauvaise file, bien évidemment, parce qu'à la pharmacie c'est comme chez Carrefour : la bonne file, fluide, qui avance en continu, c'est forcément l'Autre.
Il y a longtemps que je l'ai compris, du coup je ne m'énerve même plus.
Devant moi une dame au nez ruisselant et à la voix cassée se faisait servir le genre de kit que je rêvais d'acheter, et je me voyais déjà m'accoudant au comptoir lorsque mon tour viendrait en hurlant au patron : la même chose!!!!

Oui mais voilà, la Dame avait aussi besoin de causer.

Et dans les pharmacies de quoi les gens ont-ils envie de parler?
De MALADIE.
A ce moment-là, la pharmacienne s'est penchée vers la dame avec un air de conspirateur mettant au point un assassinat autour d'un feu de camp, et lui a sussuré:
- "alors comme ça votre maman ne va pas mieux?".
Putain! que les gens fassent des messes basses pour expliquer aussi discrètement que possible qu'ils ont fait une allergie au dernier lavement qu'on leur a prescrit et que depuis ils ont le trou de balle comme une trompette, je peux comprendre, mais quel besoin d'aller raconter les aléas médicaux de chaque branche de son arbre généalogique?!!
-"Nan. Ses ulcères ne cicatrisent pas, c'est tout purulent. et en plus ça la démange, c'est horrible."
Pffff....J'avais pas de nausée jusque là, et pourtant, je sentais mon estomac qui commençait à prendre l'ascenseur...C'est là que j'ai sorti ma gueule des mauvais jours, celle qui veut dire en substance à la pilonneuse d'herbes de Provence: moi aussi je suis malade, moi aussi je voudrais rentrer chez moi avec un kit de survie, j'en ai rien à carrer des ulcères de la mère de la bouffonne qu'est devant moi, alors tu te bouges le cul!!!!!
Mais le pharmacien n'est pas un commerçant comme les autres, non. C'est un professionnel de la santé, madâââââme. Il ne vend pas de vulgaires boîtes, c'est un expert, pas un vendeur de supermarché.
Mouais, en même temps pour vendre des capotes et des cotons-tiges, le bac plus 5 ou 7 est-il réellement indispensable?
Bref, la pharmacienne avait décidé de faire durer la conversation alors j'ai essayé de me distraire en regardant autour de moi, au hasard.
Et c'est là que j'ai vu les petites brochures posées sur une étagère à ma gauche.
Vous parlez de me distraire... j'avais le choix entre "l'incontinence n'est pas une fatalité", "la cystite sans tabou" et "soyez plus malin que le mélanome".
Une sorte de malaise m'a alors envahi, et du coup j'en ai oublié mon mal de gorge.

J'étais trop occupée à contrôler les grains de beauté de mes avant-bras et à retenir une terrible envie de pisser.

Mon tour est enfin arrivé et j'ai pu expliquer à la professionnelle de santé qui me faisait face que j'avais très mal à la gorge  et que je voulais  une nouvelle boîte des pastilles que je lui ai montrée. Je m'en suis remise à elle pour tout traitement complémentaire qu'elle jugerait opportun.
C'est là qu'elle m'a regardée bizarrement.

Après une hésitation qui m'a semblé interminable :
-"Vous n'aimez pas les suppositoires alors je ne vous en propose pas. C'est dommage parce que c'est ce qu'il y a de plus efficace contre le mal de gorge."

Pour être honnête, DEUX choses m'ont surprise dans sa phrase :

1- D'où tient-elle que je "n'aime pas" les suppositoires? On s'est croisées dans une suppo-party et je lui ai dit "non, merci, moi j'aime pas ça"? Si c'est ça j'ai oublié.
Et puis vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui supplient pour avoir des suppos?!!! Je ne pense pas qu'on "aime" les suppos, mais au moins on fait avec...

2- "Les suppos sont ce qu'il y a de plus efficace contre le mal de gorge".
Là, je dois dire qu'en dépit de mon état général délabré, j'ai bien failli piquer un fou rire toute seule (c'est à cause de réplique de ce genre que je ne rentre JAMAIS dans une pharmacie avec l'Emmerdeuse).



En tout cas, j'ai été sage et j'ai acheté mon kit complet, en la rassurant sur mon absence de peur à l'égard des suppositoires.
Je suis sortie de la pharmacie et j'ai continué à pieds jusque chez moi, l'esprit préoccupé par une question :

Existe-t-il du sirop pour soigner les hémorroïdes?

publié dans : la salle de bain recommander
commentaires (18)    par Val
Vendredi 23 mai 2008
Et mon 100ème article sera...un scoop!
Il est temps que vous sachiez à quoi je ressemble, quand même :



Je vous rassure, aujourd'hui je suis beaucoup plus souriante!

PS : si vous voulez voir à quoi je ressemble aujourd'hui, RDV le 21 juin.
En tout cas moi, j'aimerais bien savoir de quoi vous avez l'air...

T'AS COMPRIS ZELINE?!!!!!
publié dans : le séjour recommander
commentaires (12)    par Val
Mardi 20 mai 2008
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