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Le mot du proprio

Photo-3.jpg Puisqu’il fallait trouver un concept, j’ai retenu celui de l’appartement, avec ses multiples pièces correspondant à autant de thématiques. J’aurais pu choisir les étagères d’un frigo, les pièces d’une voiture ou encore les couleurs de l’arc en ciel, mais bon, il fallait bien que je me décide. Evidemment, comme toutes les règles (ou presque) sont faites pour être transgressées,  je me réserve le droit de chambouler toute cette belle organisation et de vous parler bûche de Noêl et foie gras dans la salle de bain ou sexe dans la cuisine.

Mais on peut aussi parler cuisine dans la cuisine.
L'un de mes grands petits plaisirs du mois c'est de découvrir dans ma boîte aux lettres le dernier numéro de "Lire".

D'abord parce qu'il parle de ce que j'aime, évidemment, ensuite parce qu'il me permet de découvrir de nouveaux auteurs, et enfin parce qu'il y a une rubrique intitulée "l'univers d'un écrivain" qui vous permet de "visiter" l'antre d'un écrivain...C'est une porte entrebaillée à travers laquelle vou tendez le cou pour jeter un oeil, voyeur ou amusé, sur son lieu de travail, qui se trouve être souvent son lieu de vie. Par exemple dans le dernier numéro de ma revue préférée vous pouviez découvrir l'univers de John le Carré, et notamment la somptueuse bibliothèque qu'il s'est fait construire dans son austère demeure plantée sur les côtes anglaises, face au vent....

Le mois précédent le dossier principal était consacré à la littérature américaine et en particulier à ses auteurs contemporains. Une interview-fleuve de plusieurs pages était consacrée à Richard Ford, auteur mythique que, je l'avoue, je ne connaissais pas avant d'avoir lu cet article.
Le bonhomme écrit peu, mais quand il frappe, il frappe fort.
Comparé à Raymond Carver, ce qui n'est pas le moindre des hommages, il a reçu de nombreux prix, dont le Pulitzer, pour Indépendance, la suite d'un week-end dans le Michigan. Avec l'état des lieux, sorti cette année en France, ces trois livres forment un tryptique autour de la vie de Franck Bascombe, héros récurrent de Ford.

Dans un week-end au Michigan, Richard Ford met en place son héros, ou plutôt son anti-héros : Franck Bascombe est un écrivain raté qui s'est reconverti dans le journalisme sportif. Résidant à Haddam, une banlieue chic du New-Jersey, il traverse une sorte de crise existentielle après le décès de son jeune fils de 10 ans, quelques temps auparavant. Ce drame l'a conduit à se séparer de sa femme, avec qui il garde malgré tout de bonnes relations et à s'éloigner de ses deux autres enfants.
Le livre n'a ni début ni fin : on accompagne Franck Bascombe dans ses cogitations intérieures, dans sa quête de sens et s'il lui prend l'envie de nous reparler du bon vieux temps, à nous de le suivre et de ne pas perdre le fil...
Le livre doit son titre à un week-end que Bascombe doit partiellement consacrer à l'interview d'un footballeur prématurément en retraite suite à de graves blessures. Il part en voyage en compagnie de sa jeune maîtresse, mais l'aventure romantique  vire rapidement au fiasco, ces deux-là n'ayant manifestement pas grand chose à faire ensemble.

L'atmosphère de ce livre est étrange, volontairement d'ailleurs, et nous montre à quel point l'existence d'une bourgeoisie plutôt intellectuelle, rassurée par des références culturelles solides, est totalement friable une fois confrontée à la réalité du quotidien. Les grands concepts volent en éclat en un instant, et on ne sait plus très bien à quoi se raccrocher. Bascombe tient bon, il fait le dos rond, s'obstine à avancer et à sortir la tête de l'eau, mais autour de lui les personnages en déroute, souvent au bord du goufre, sont innombrables.

Un roman psychologique donc, sans suspense ni rebondissements, juste une succession d'impressions et de sentiments décrits avec une accuité stupéfiante par Richard Ford : il a certes quelques traits en communs avec son personnage, mais finalement peu. Par exemple Ford n'a pas d'enfants et pourtant le personnage de Bascombe en père meurtri est d'une justesse rare.

Un livre "ovni", pour lecteurs curieux et obstinés qui ne craindront pas d'être déroutés.

Publié dans : la bibliothèque - Recommander
Voir les 11 commentaires - Par Val
Dimanche 16 novembre 2008
Petite pépite découverte ce midi à la télé...

A l'heure où dame publicité ne cesse d'essayer de nous convaincre à coups de spots, affiches et slogans indigents à quel point nous sommes uniques, beaux et désirables parmi nos médiocres semblables, il n'est pas mauvais de tendre devant soi un miroir teinté d'auto-dérision et de s'adresser un clin d'oeil en murmurant "j'suis pas dupe...".
Et si vous vous croyez malgré tout plus fort que la machine à uniformiser les masses, faites-donc un tour ici, et découvrez le travail d'artistes néerlandais (expo photo en cours au Carrousel du Louvre) qui ont shootés pendant 15 ans nos contemporains.

Et vous, de quel troupeau êtes-vous?



Publié dans : par la fenêtre - Recommander
Voir les 7 commentaires - Par Val
Vendredi 14 novembre 2008
Cher lecteur,

Je t'informe par ce bref communiqué de l'interruption momentanée des programmes de Lappartement.
N'en prends pas ombrage, sache simplement que les dix doigts qui frappent habituellement 2 ou 3 textes dans la semaine sont actuellement au bord de l'épuisement et ne souhaitent pas s'astreindre à un quelconque exercice d'écriture qui ne provoquerait pas un minimum de satisfaction, voire de plaisir (osons le mot) à leur propriétaire.
Celle-ci t'invite à consulter les archives pour prendre ton mal en patience, à exploser ton score à Bubble (quelquepart à gauche de cette page), à visiter d'autres blogs (par exemple ceux en liens également sur la gauche) ou à t'adonner à toute autre activité que tu jugeras bon de pratiquer et qui ne serait pas punie par la loi (mais après tout c'est toi que ça regarde).



En un mot je fais une pause, et je reviens sévir en ces lieux dès que j'aurai regonflé les batteries.

A bientôt les p'tits clous!


Publié dans : l'entrée - Recommander
Voir les 16 commentaires - Par Val
Mardi 28 octobre 2008
Pas trop le temps d'écrire en ce moment alors en guise d'interlude je vous mets quelques vidéos de choix qui, je l'espère, vous renverront vers d'agréables souvenirs de mercredis après-midi et de samedi passés devant la télé à 3 chaînes, de ce modèle disparu dont la télécommande s'appelait "lève ton cul et va tourner le bouton".











Et là vous vous dîtes : mais comment on a pu regarder des merdes pareilles?!!!
Moi je voulais pas, c'est mes parents qui m'ont obligée!
Publié dans : le grenier - Recommander
Voir les 14 commentaires - Par Val
Jeudi 23 octobre 2008
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